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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal

Parenthèses

2 Janvier 2021 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Années folles, Trente glorieuses, choc pétrolier, krach boursier, Art Contemporain, dérèglement climatique

 

Une année supplémentaire s‘amorce, occasion d’un regard cavalier sur quelques-uns de ses amonts, ainsi que d’une évocation vaguement prospective.

Bordées par deux catastrophes mondiales, les Années folles – 1920-1929 – emplirent une parenthèse enchantée. Frénésie de nouveautés, intensité de la création artistique, émancipation des mœurs, audaces surréalistes, développement de la culture populaire, signèrent cette période. Théâtre, danse, musique, peinture, poésie, arts décoratifs, connurent une singulière embellie accompagnée par un renouveau économique.

Le krach boursier de 1929-1930 mit brutalement fin aux Années folles.

La richesse littéraire et artistique des Trente glorieuses – 1946-1975 – assises sur une forte croissance économique, de profondes modifications socio-politiques internationales creusets d’affrontements mémorables, l’accroissement du niveau de vie, ne parvint pas cependant à l’équivalence.

Le choc pétrolier des années 1975 flétrit rapidement les illusions des Trente glorieuses.

Depuis, l’érosion des valeurs fondamentales liée à la montée fulgurante du libéralisme mondialisé a induit un rapide déclin continu, moral et intellectuel, bouleversant jusqu’au quotidien des relations sociales. La vie culturelle et artistique est dépréciée, tenue pour quantité négligeable ; marchandisées à outrance, les œuvres d’art contemporaines sont de plus en plus dénuées d’intérêt.

Des isolats se constituent, la société se fragmente,  la confusion régule échanges et rapports humains dégradés.

Pandémie, Covid, dérèglement climatique, mise en péril de l’existence des espèces animales et végétales, avancée générale des totalitarismes, atteintes aux libertés, empilement de mesures sécuritaires, duperies permanentes, qualifient de manière universelle l’amorce des années 2020.

La France officielle tient une place de choix dans ce déplorable et nauséabond naufrage collectif. Honte à chacun d’entre nous !

Un siècle après les Années folles nous entrons à pieds joints dans un bouquet nouvelle manière d’années flétries, parfaitement démentes. Il ne s‘agit pas de crise, mas d’un changement de nature, d’une mutation fondamentale, d’une disparition programmable.

Alors, ou bien, ignorant, stupide ou misérable complice,  persister à foncer dans le mur, tous phares allumés, en klaxonnant, ou, s’efforçant de garder quelque bribes de sagesse, prendre le temps de la réflexion et chercher les alternatives à immédiatement mettre en œuvre, à supposer qu’il ne soit pas définitivement trop tard.

Espoir ou désespoir absolu, nous ne pouvons pas laisser faire sans hurler un désaccord irréductible. Plus rien n’est crédible en provenance des sphères officielles dont les minables minets et autres petits marquis sont périmés à jamais. Qu’apparaissent vite au jour des initiatives collectives multiples, résolues et porteuses de projets. L’écho me dit qu’elles sont nombreuses en gésine. Puissent-elles être dénuées de pitoyables rivalités paroissiales ou de querelles d’ego, avides de reconnaître les terrains d‘entente, plutôt que d’inventorier les plages de différences et les moyens de prévaloir sur l’autre !

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D
Jean, je souscris et partage malheureusement ton propos, Inquiet aussi des dérives mondiales et locales en cours, et avec le faible espoir que des actions très parcellaires émerge à un horizon un changement de trajectoire avant de prévisibles chocs. Amitiés
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