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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 11:59

(Cf. « Guide de nulle part et d’ailleurs à l’usage du voyageur intrépide en maints lieux imaginaires de la littérature universelle » - Editions du Fanal, 1981, sous la direction de Gianni Guadalupi et Alberto Manguel)

Au royaume de la Sagesse, « au-delà d’un péage où l’on donne aux voyageurs un sac contenant des cartes, des pièces et un livre de règles à observer », se trouvent deux cités remarquables :

- Dictionopolis ou ville des Mots, située au pied des collines de la Confusion, près de la mer du Savoir. Ici sont cultivés tous les mots du monde.

« Une fois par semaine, se tient le grand marché des mots où l’on peut acquérir des lettres au détail pour composer ses propres mots ou échanger des termes hors d’usage. (...) l’Etat garantit que tous les mots vendus ont un sens.

Au cours des banquets royaux, les convives sont invités à mâcher leurs mots. Lors des grandes occasions, on savoure des idées toutes faites.

(...) Selon la loi, il est interdit aux chiens d’aboyer sans compteur, aux citoyens de semer la confusion, de brouiller les cartes ou de mettre les pieds dans le plat. »

- Digitopolis ou ville des Nombres, gouvernée par un Mathémagicien.

« La principale ressource du pays est la production de nombres, extraits des mines, puis polis ou exportés dans le monde entier.

(...) Le voyageur peut tout effacer et recommencer (...) Il est déconseillé de se restaurer à Digitopolis : la fameuse daube à soustraction a pour effet d’augmenter le faim à mesure que l’on s’en repait.»

(Norton Juster, The Phantom Tollbooth, 1962)

En ces temps de préliminaires électoraux, un présent amical conjugué à un hasard malin ont voulu que je tombe sur la mention de ce Péage fantôme, écrit par un architecte écrivain américain.

A savourer comme il se doit.

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 17:45

Et si, comme le changement ou la rupture, la notion de progrès n’était qu’un faux nez.

Dans quelque domaine que ce soit, y compris le monde de la science où les avancées manifestes paraissent cependant compter quelque évidence.

L’allongement de la durée de la vie humaine, pour incontestable qu’elle soit, relève évidemment d’un progrès technique. Cela suffit-il pour entonner l’antienne du Progrès ?

Vivre plus longtemps, oui, sans doute, mais dans quelles conditions ? La déferlante des maladies cardio-vasculaires, la prolifération des cancers, l’apparition de pathologies nouvelles et autres joyeusetés, la détérioration des conditions de vie en général, l’augmentation de la dépendance, viennent-elles créditer un éventuel Progrès ?

Certes, les apports de la science dans la connaissance et la maîtrise du monde qui nous entoure sont considérables, hallucinogènes le plus souvent.

Les limites reculent sans cesse, les possibilités d’applications nouvelles paraissent infinies. L’accroissement de notre aliénation aux techniques de pointe, au numérique notamment, va de pair.

Descartes considérait les animaux machines, il n’envisageait pas l’homme machine, et pourtant nous nous y acheminons à grandes enjambées. Il nous voulait devenir « maîtres et possesseurs de la nature », celle-ci nous rappelle vigoureusement à l’ordre. Désormais, ce n’est sans doute pas la planète elle-même qui est en danger, elle a déjà connu de violentes métamorphoses. C’est l’espèce humaine qui est en péril, elle ne le doit qu’à elle-même.

Quel progrès a-t-on accompli alors que Gargantua écrivait à son fils Pantagruel, étudiant à Paris, « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » ?

Mahabarata, Bhagavad Gita,  Euripide, Sophocle, Eschyle, Homère, Aristote, Platon...

Les thèmes fondamentaux sont abordés et explorés dès la plus haute antiquité. A l’os d’entrée de jeu, l’essentiel est alors posé.

Depuis, il ne s’agit principalement  que de variations ou d’énonciations différentes. L’intérêt des démarches, l’enrichissement des données, sont considérables. Peut-on parler de progrès pour autant ?

Etienne de La Boétie écrivit son « Discours de la servitude volontaire » entre l’âge de seize et dix-huit ans. Il est mort dans sa trente septième année. Ce météore a préfiguré les temps qui l’ont suivi, et ceux que nous vivons.

 Aujourd’hui notre système éducatif produit de jeunes adultes ne maitrisant pas la langue, peu à même de conduire une réflexion rigoureuse, disponibles pour la servitude volontaire ou la révolte insensée contre un système destructeur. Bien entendu, des exceptions existent, mais ne contribuent-elles pas à confirmer la règle ?

Même chose pour l’art. Quel progrès depuis Lascaux ou Altamira ?

A coup sûr, la notion de progrès n’a aucun sens en Art.

Des évolutions, des modifications du regard, des changements techniques, rien de plus. En ce domaine si particulier, ce qui fonde l’intérêt et suscite des passions, n’a aucun lien avec de vaporeuses notions de progrès. Il s’agit de choses beaucoup plus profondes, essentielles. Il s’agit de la nature de l’homme, de son rapport à la vie, à la mort.

Alors Progrès, réalité ou fâcheuse illusion ?

10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 15:17

Noble et riche fraîcheur de l’actualité, ô combien délicieuse.

Le résultat de l’élection du 45e Président des Etats-Unis est parfaitement logique. Il est la conséquence « normale » de ce à quoi nous sommes confrontés depuis au moins quatre décennies. Il s’inscrit dans la dérive de la mondialisation et de la financiarisation globale, accompagnée et entretenue par des « responsables » politiques de tous bords avec  leurs compromissions et leurs reniements permanents.

Bravo messieurs les beaux parleurs, vous criez au loup alors que celui-ci s’affaire depuis longtemps dans la bergerie où vous avez facilité son entrée !

La ruse expansionniste de Poutine, l’autoritarisme turque d’Erdoğan, Merkel sacrifiant la Grèce sur l’autel de l’orthodoxie financière, Hollande et son mano a mano avec la droite, sont-ils vraiment très différents du nouveau président élu des E.U. ?

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Cynisme et mensonges en facteur commun sur la planète entière. La perte de tout repère, hors ceux de la rentabilité maximale voulue par une brigade de manieurs de marionnettes, conduit inéluctablement à ce type de situation, surprenante uniquement pour ceux qui refusent les évidences annonciatrices.

Quel échec, quel désaveu pour le Président sortant !

Le monde est à bout de souffle, les barrières cèdent. La folie absolue de voyous auxquels personne ne parvient à s’opposer, le rejet quasi universel du système en place, font que le pire devient tout à fait possible. Le peu d’espoir restant tend à se réfugier dans le rejet indifférencié et la tentation du n’importe quoi plutôt que la perpétuation de ce que l’on ne connaît que trop. Le scénario est hélas bien connu, sans qu’un enseignement pratique en ait été tiré.

L’impensable impossible devient donc envisageable. Le mouvement de colère largement diffusé, entraîne un rejet violent des politiques et des politiciens traditionnels. Le simplicisme mortifère ouvre les vannes de l’extrémisme.

Madame Clinton, incarnation du monde des affaires et de l’insincérité, représentante avouée de Wall Street, a été un repoussoir évident.

En la choisissant plutôt que son challenger, le parti démocrate a opté pour sa défaite.

La boite de Pandore est maintenant ouverte, jusqu’où irons-nous ?

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 09:00

Sur un paquet de cigarettes

Emblématiques, les mentions figurant sur les paquets de cigarettes, slogans angéliques du genre « Fumer tue », « Fumer nuit gravement à votre entourage », liste des composants chimiques de la fumée de cigarette, photos d’organes sérieusement lésés. Qui peut jamais croire à leur efficacité, à commencer par leurs concepteurs ?

Vendre du poison, publier la nocivité du produit, et cependant poursuivre ce commerce. Quoi de plus normal que la défense du profit, vaille que vaille ?

Illustration de la duplicité officielle. Illustration du mensonge permanent propre à justifier tous les accommodements, tous les à-peu-près, toutes les entorses à la règle.

A condition de le reconnaître, entretenir le mal met à l’abri. Nuire sciemment légitime avec le plus parfait cynisme.

Chacun est libre de ses choix, n’est-il pas vrai ? La prétendue liberté individuelle autorise allègrement à faire fi de quelques minables principes moraux élémentaires, estimés beaucoup trop ringards pour qu’on s’y attarde.

Seul palliatif imaginé, augmenter progressivement le prix de vente du tabac. Il ne s’agit en aucun cas d’en bannir l’usage, encore moins de tenter d’éduquer.

Il faut se montrer réaliste, il faut « marcher avec son temps », bref il faut se soumettre. Il faut donc, mouton de Panurge, aller voter. Les sondages bêlent. Il faut renforcer l’existant dans son être. C’est la loi du genre.

Le langage sert de plus en plus à masquer. Ce que Victor Klemperer a dénoncé avec son étude sur la langue du Troisième Reich est devenu monnaie courante. Parler rivalise souvent avec appauvrissement. Les mots sont jetés en vrac, émasculés, dénaturés, banalisés. Exsangues ils ne signifient qu’à peine. La langue tente de survivre. Parler n’engage plus vraiment, seul importe que le moulin à paroles tourne sans cesse, à vitesse constante mesurée par les « tops » de la radio. Vous avez tente secondes pour dire le fond de votre pensée. C’est encore trop.

L’écrit connait à peu près le même sort. La grande marée de la « rentrée » inonde avec une telle furie que ne surnagent que quelques espars. Le reste se perd dans les tourbillons de la futilité éditoriale. Ce qui importe est trop lourd, trop difficile, trop gênant, voire dangereux, pour s’y arrêter. L’actualité immédiate commande. Le spectacle continue, allez vite, on enchaîne !

Fouette cocher, ne nous embarrassons pas des réalités !

Réalité virtuelle, parcourons à grands enjambées les villages Potemkine, les seuls qui méritent attention !

Hypocrisie, mensonge, mépris, signes absolus du temps.

Tentation du repli sur soi, tentation du silence. Pourquoi continuer malgré l’horreur d’un monde suicidaire, résolument entraîné à sa perte ?

Désir farouche de contribuer à désorganiser l’existant, de profiter encore de la liberté de parole, de ne pas s’avouer vaincu, faiblesse ?

Dénoncer, refuser et pousser des cris muets, s’efforcer de rester debout. Jusqu’où, jusqu’à quand ?

Acharnement maladif, curiosité malsaine ?

Illusion, vanité, se donner le change à soi-même ?

La vie...

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 08:28

 

 

L’œuvre d’art comme l’écrit sont fréquemment le lieu de métamorphoses.  Ces modes d’expression ne se survivent qu’en se transformant grâce à des générations de regards successifs.

Leur disparition peut aussi brutalement intervenir par suite de la perte de références culturelles ou bien en raison du brusque déplacement des grilles de lecture.

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La dilution progressive de l’imaginaire chrétien du Moyen-âge a permis l’émergence de la notion d’Art (la transition de l’art à l’Art, à la pré-Renaissance du début du Quattrocento) telle que nous la connaissons encore aujourd’hui, bien que désormais vacillante face aux coups de butoir des remises en question strictement mercantiles.

Le passage de la fonction symbolique de l’image ou de l’écriture à la primauté des variables sensibles individuelles, c’est-à-dire le détachement d’une foi collective mythique strictement codifiée au bénéfice d’une relation personnelle aux œuvres, est quelque chose de très récent, de l’ordre d’un siècle ou deux, guère plus sans doute. Peu à peu s’est ainsi constitué un imaginaire profane dont l’écrit fut le principal vecteur.

De simple tâcheron spécialisé, l’exécutant (peintre, sculpteur, scribe) est devenu au fil des siècles un artiste témoignant de l’existence d’un Art transcendantal susceptible d’abriter irrationnel et pulsions individuelles, capable de rivaliser avec le mythe de la Création.

Nous savons que dans un passé lointain la lecture se faisait à haute voix, puis elle s’est peu à peu intériorisée jusqu’à devenir silencieuse nourrissant ainsi progressivement un véritable imaginaire du silence, individualisé et créatif.

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Nous en venons alors à une interrogation essentielle : en quoi et comment la lecture, tout autant que l’écriture, nous permettent-elles aujourd’hui d’affûter notre regard sur l’Art ? De quel type d’écriture s’agit-il ?

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Affûter notre regard se différencie évidemment d’accroître nos connaissances théoriques. L’accumulation de savoirs correspond rarement à l’élargissement du champ de vision, encore moins à l’accession directe au sensible, pierre d’achoppement d’une appropriation personnelle.

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Chacun a pu faire l’expérience de ces visites guidées au cours desquelles des masses d’informations historiques ou savantes sont déversées, des points de détail sont soulignés, des anecdotes sont rapportées, sans que jamais un moment d’attention silencieuse puisse permettre un regard personnel sur les lieux visités et les pièces présentées.

Très rares sont les occasions où un guide commentateur talentueux tente de faire place aux intervalles existants entre ce qui est proposé au regard et le ressenti des visiteurs. Or c’est dans les marges que se jouent les nuances, par conséquent la saisie compréhensive.

Cette logorrhée n’est pas le propre de l’oral, bien des textes de critiques et d’historiens patentés tombent dans cet écueil.  Ce qui ne veut pas dire que toute connaissance à caractère technique ou historique soit à bannir. Loin de là. Il s’agit simplement de reconnaître que l’accès premier à l’art et à sa pratique ne résulte pas de ces prémices.

Affûter notre regard se situe davantage dans une relation de proximité immédiate, qui à mesure qu’elle s’organise exige des compléments susceptibles de l’étayer.

D’abord ressentir et s’interroger, imaginer, rêver, découvrir des analogies, de minuscules épiphanies personnelles, ensuite noter, écrire pour soi, s’informer et mettre en relations.

Si l’étayage culturel est souhaitable, souvent nécessaire, il ne saurait en aucun cas constituer un préalable. Le risque de castration émotionnelle est permanent, ses conséquences sont hélas durables.

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La culture a toujours empêché les œufs d’éclore a très justement déclaré Jean Dubuffet en son temps. 

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Écrire à propos de l’art c’est engager à fond son regard, donc sa personne. C’est scruter l’œuvre et tenter de saisir ce qu’elle provoque en nous. Il est clair que l’on n’écrit jamais que pour mieux percevoir, pour mieux se percevoir, pour essayer de comprendre, avant de tenter de faire comprendre. Remarquable et précieuse patience de l’écriture sourcière de l’intime.

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Écrire c’est d’abord établir un dialogue avec soi-même à propos du tiers qu’est l’œuvre proposée. Ainsi posé il apparait que l’écriture, comme la lecture, procède d’une démarche active parce que créatrice. L’écriture permet de se découvrir regardant, la lecture permet de se découvrir lisant.

De fil en aiguille le dialogue se prolonge d’une relation forte avec l’auteur de l’œuvre. Qui est-il, à quoi peut correspondre pour lui sa création, comment réagit-il, ou bien pourrait-il réagir, aux propositions et remarques de son interlocuteur découvreur, etc. ?

L’expérience montre clairement combien les artistes apprécient en général ces échanges, importants pour eux en ce qu’ils leur permettent de sortir temporairement de l’isolement de leur atelier. En ce sens, l’amateur est un passeur essentiel du monde précaire et intemporel de la Création à celui de l’existence ici et maintenant.

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La relation entre l’art et l’écrit est si forte, si évidente, que nombreux sont les artistes effectuant des va-et-vient entre ces deux modes d’expression si complémentaires. Parmi les exemples les plus significatifs s’imposent évidemment Henri Michaux et Antonin Artaud, mais aussi Victor Hugo et Raymond Queneau, parmi quantité d’autres.

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La Galerie Art Est Ouest, à Marseille, ouvre bientôt ses portes à une exposition où le vagabondage entre des modes techniques d’expression différents, peinture, photo, aquarelle, incite au franchissement de frontières toujours arbitraires[1].

Le samedi 19 novembre, Serge Plagnol, peintre et sculpteur très engagé dans de multiples relations avec des écrivains, lui-même grand lecteur, Alain Nahum, cinéaste et photographe passionné de littérature, auteur d’adaptations de romans et nouvelles, et Alain Sagault, aquarelliste fort subtil et auteur de nombreux écrits, seront conviés à un débat le plus possible partagé avec le public présent, autour du thème de ce papier.

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[1] « Vagabonder l’Art », Galerie d’Art Est Ouest, 22 cours Franklin Roosevelt, 13001 Marseille – 8/27 novembre 2016. Débat public samedi 19 novembre, 17h30, animation Jean Klépal.

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 10:33

L’auteure est célèbre, de petit format le livre, marginal l’éditeur.

L’ensemble mérite l’attention.

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Nancy Huston, Sois belle (48 p.) suivi de Soi fort (51 p.), éditions Parole, 83630 Artignac-sur-Verdon, 12 €.

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Ce double essai reprend deux conférences destinées à tenter de faire « mieux comprendre et accepter les forces et les faiblesses des hommes et des femmes, la part animale qui les assemble et les oppose ainsi que leurs souffrances respectives dans notre monde actuel. »

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Il s’agit avant tout de remarques d’un tel bon sens que leur évidence peut paraître choquante. Rappeler des notions élémentaires totalement enfouies dans la bienpensance des allants de soi solidement établis sur de pseudo certitudes se révèle perturbant, voire répréhensible sans doute pour certains.

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Sois belle

Nancy Huston s’efforce d’enfoncer des portes ouvertes soigneusement dissimulées par les toiles  d’araignée d’une pensée figée.

Elle commence par rappeler haut et fort la réalité animale de nos origines pour insister sur la différence corporelle fondamentale entre femme et homme et ce qu’elle induit en matière de comportements différenciés. L’auteur note au passage que la théorie du genre, qui donne la préférence à l’individu par rapport à l’espèce, nie la continuité biologique humain-règne animal.

La différence de destinée reproductrice avec tout ce qu’elle entraine au plan de la sexualité et du rapport à l’autre est renforcée par l’homonymie entre l’homme en tant qu’espèce et le genre masculin.

L’égalité sociale fondée sur une prétendue égalité biologique est à l’évidence une fausse piste qu’aucune disposition, paritarisme ou autre fadaise, ne saurait justifier.

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Les religions monothéistes ont établi une scission entre moi et mon corps. Pas étonnant, dès lors, que le corps féminin soit devenu une chose à laquelle les hommes réagissent. « ... le corps féminin s’est largement émancipé de ses anciennes servitudes, qu’elles soient sexuelles, procréatrices ou vestimentaires (...) le voilà soumis à des contraintes esthétiques plus régulières, plus impératives, plus anxiogènes qu’autrefois. »

« Théoriquement, notre réussite (comme celle des hommes) ne tient plus qu’à notre compétitivité, à notre volonté, à notre intelligence. Mais du matin au soir, les artefacts de notre culture nous assènent au contraire qu’elle dépend de notre apparence physique. »

L’image du corps est devenue plus importante que la sensation du corps.

Libre l’occidentale et aliénée l’orientale ? Est-ce bien sûr ?

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Sois fort

La féminité n’est pas à prouver, alors que la virilité l’est.

La perpétuation de la vie est l’affaire des femmes. La survie, celle des hommes, chasseurs dont l’armement est une assurance contre la peur. Entre eux, les hommes se sentent forts.

Les guerres sont décidées par des hommes, qui en sont majoritairement les victimes.

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Les humains mâles sont programmés pour la violence, et les femelles préfèrent les mâles agressifs, de nos jours hommes riches et puissants.

Nous constatons que la violence virile a des effets incontrôlables. Après nous avoir longtemps aidés à survivre, la violence et l’agressivité masculines sont devenues contre productives, puisqu’elles deviennent capables de nous anéantir.

La violence physique est déléguée à l’Etat dans l’occident moderne (guerre, police, outils répressifs). Les seules manifestations reconnues acceptables au plan individuel en sont désormais la réussite sociale, l’argent, le pouvoir.

Bien sûr, la violence directe des démunis existe et horrifie (terrorisme). N’oublions pas, ce faisant, notre responsabilité collective dans son émergence. La dévastation du monde et les désastres engendrés sont largement de notre fait.

La barbarie n’est pas inhumaine, elle fait partie de l’histoire de notre espèce.

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La société laïque fait l’impasse sur les problèmes que leur corps pose aux jeunes adultes, alors que les femmes sont habituées à en parler ensemble. Tandis que la sexualité masculine naissante est souvent obsédante. Le foot, les bagnoles, la politique, font écran, et la pornographie trouve le champ libre.

L’idée prévaut que l’homme est un guerrier déchaîné et la femme une chose à orner et à déshabiller (industrie cinématographique, publicité).

Face à ce désarroi, la femme a toujours un recours : devenir mère.

Pour l’homme, devenir père est plutôt affolant (faire face à ses responsabilités).

S’installent alors la rage et la haine d’une société dans laquelle aucun future n’existe. D’où le terrorisme aveugle et suicidaire.

Seule la guerre est en mesure de provoquer des émotions incomparables.

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Que faire pour sortir de ce cauchemar ?

Importance de l’éducation au partage et à la connaissance de l’autre.

Il faudrait « reconnaître comme étant réellement des points faibles certains traits que la domination masculine est parvenue à faire passer pour des signes de valeur. »

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« ... il serait possible de ne plus se barder de fiction manichéennes pour ne pas mourir de peur. (...) contre les excès délirants de violence que nous commettons actuellement contre les causes ultimes des guerres contemporaines – bagarres pour le pétrole, spéculation financière, industries de luxe, monopoles pharmaceutiques, agriculture transgénique, monocultures, abattoirs industriels, armements nucléaires, centrales nucléaires, montres en diamants, manteaux en vison – contre notre arrogante habitude de nous arroger les richesses des autres (...) nous pouvons beaucoup. Beaucoup. Beaucoup plus. »

2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 13:25

Aujourd’hui, on nous rebat les oreilles des problèmes soi-disant liés au coût du travail et aux charges sociales. Des thèmes récurrents, comme si employer des personnes équivalait à une sorte de malédiction qu’une « saine » gestion assortie d’une profonde remise en cause du droit social permettrait d’éviter.

Alors que le chômage demeure puissamment installé, la priorité est de venir en aide aux entreprises souvent dirigées par de véritables héros, comme le Président d’une grande banque, homme averti s’il en est, l’a récemment déclaré.

Les salariés de l’usine Smart, en Moselle, qui ont accepté de travailler 39 heures payées 37, ont parfaitement compris l’aveuglante évidence de cette problématique nouvelle. Les braves gens !

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Où est le temps de l’immédiate après-guerre, pendant lesquelles l’homme était déclaré le capital le plus précieux de l’entreprise (sic) ? (Les années cinquante virent paraitre l’étude magistrale de Georges Friedmann « Le travail en miettes », après « Problèmes humains du machinisme industriel » - 1946).

Dans le milieu des entreprises on parlait de relations humaines et non de ressources humaines.

Les firmes connaissaient des Directions et des Services du Personnel, et non des Directions des Ressources Humaines (DRH, sigle effrayant à tête de Méduse, plein d’aspérités).

Stages, séminaires de formation (conduite de réunions, méthodes de travail en groupe...), équipes de simplification du travail (SDT), cercles de qualité, implication des personnes, faisaient florès. L’exemple venait en grande partie des États-Unis, qui avaient mis l’accent sur l’importance du facteur humain au moment où l’effort de guerre exigeait une mobilisation totale des compétences et des énergies.

L’homme n’était pas de trop, il était considéré, son engagement était nécessaire à la réussite globale. A l’évidence, les employeurs n’étaient pas des philanthropes, ils savaient qu’ils avaient besoin de l’adhésion de leurs collaborateurs et ils agissaient en conséquence.

Le développement technique ne rendait pas encore les salariés quasi superflus, le capitalisme se fondait encore largement sur la valeur ajoutée par le travail.

L’homme était indispensable, il n’était pas devenu une simple ressource élémentaire, au même titre qu’une quelconque matière première ou un apport d’énergie primaire.

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Depuis, la robotique et l’emprise des technologies nouvelles, l’une et l’autre avec leurs conséquences hallucinogènes, ainsi que la financiarisation devenue l’étoile du berger, ont entrainé le cynisme et le mépris. Fabriquer de l’argent s’est instauré en nouvel impératif catégorique kantien, l’alpha et l’oméga de la réflexion entrepreneuriale.

Rares, très rares, sont les cas où le coût du travail pour les salariés, avec son angoisse permanente conduisant parfois au suicide, sont évoqués. Les conséquences sociales de cet état de fait sont allègrement passées sous silence. Il est vrai qu’on ne fait pas d’omelette sans casser d‘œufs...

L’humain est désormais de trop, l’éviter, l’ignorer, vont de soi, question de salubrité économique. Il n’est plus d’alternative, où est le problème ?

Il faut vivre avec son temps, n’est-il pas vrai, ma bonne dame ?

Ceux qui regimbent ont tort, ils ne se soumettent pas à la Loi qui veut que les détenteurs du Pouvoir économique n’ont de compte à rendre qu’à eux-mêmes. On ne saurait impunément déchirer une chemise directoriale. Ni l’angoisse ni le désespoir ne constituent des circonstances atténuantes. Dura Lex, sed Lex.

Dans quel monde vivrions-nous si nous devions tolérer l’intolérable ?

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Bientôt des élections, quelques mois c’est bien peu.

« Garçon, remettez-nous ça... La même chose... C’est ma tournée ! »

22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 07:30

L’idée est née du constat que l’écrit est toujours le complément du dispositif exposition. D’abord les œuvres, assorties de quelques commentaires, ensuite l’accès aux publications les plus diverses. Ce schéma classique accompagne un désir d’approfondissement supposé chez le visiteur, en même temps qu’il sépare les genres.

Et si, une fois, on tentait d’inverser les facteurs ? Ce qui voudrait dire que l’on accorderait presque autant d’importance à l’écrit qu’aux œuvres.

Que serait une exposition où l’accent serait mis d’entrée de jeu sur l’écrit préalable, ou au moins concomitant, à la vision des œuvres ?

Que serait une exposition où un amateur auteur de nombreux textes inviterait quelques-uns des artistes auxquels il prête attention ? Et qui par conséquent mêlerait les genres ?

Il fallait en parler avec des artistes, les convaincre. Il fallait ensuite trouver un lieu susceptible d’accueillir le projet.

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Les noms de trois artistes avec lesquels j’ai plus particulièrement commis divers écrits, livres entre autres, apparurent d’emblée :

- Alain Nahum, cinéaste et photographe dont les images magnifient le non-vu habituel ;

- Serge Plagnol, peintre exigeant, ami des écrivains ;

- Alain Sagault, aquarelliste fort attachant, également homme d’écriture.

L’accord s’établit assez aisément pour une aventure commune, à définir.

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La Galerie Art Est Ouest[1] est un lieu convenant à une exposition plurielle. Ses responsables prêtèrent une oreille attentive au propos. Le chemin d’une rencontre appropriation restait à parcourir. Des échanges nourris, fructueux, permirent peu à peu de donner corps à la chose. Si la radicalité initiale est tempérée par les contraintes d’une mise en œuvre, l’intention demeure, nette et très perceptible.

Il s’agit de clairement montrer qu’écrire, donc donner à lire, affûte le regard. Il s’agit également de montrer que le franchissement des frontières entre les genres, c’est-à-dire les transgressions, ne peut qu’enrichir l’imagination. Ce que nous savons bien depuis Dada et le Surréalisme, notamment.

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Voilà pourquoi « Vagabonder l’Art » intitule l’exposition à venir. Il s’agit de prendre des chemins de traverse pour célébrer la valeur affective de l’art. Les hiérarchies instituées prennent des allures de vieilles lunes, apprenons à façonner les traits d’union qui nous conviennent ! C’est le trait d’union qui détermine la nature de la relation.

Carambolages était justement nommée une exposition insolite aux Galeries du Grand Palais, à Paris, au printemps dernier[2].

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L’art, qui est tout sauf la marchandise triviale que certains affairistes voudraient imposer, tire l’une de ses plus grandes forces de sa capacité à féconder des relations oublieuses des particularismes et des chapelles. La beauté de la pratique artistique tient surtout à ce qu’elle suscite en chacun. Elle permet des rencontres poétiques inattendues. (L’exposition que le très parisien Pompidolium consacre cet automne à René Magritte en affirme la preuve, éclatante.)

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Non seulement photo, peinture, aquarelle, écriture, vont se trouver réunies, mais aussi la vidéo, puisqu’une ancienne élève d’un lycée des quartiers nord de Marseille, désormais étudiante, va présenter le film qu’elle a réalisé autour des acteurs de l’exposition. Elle propose au spectateur une confrontation privilégiée entre les propos tenus et les œuvres présentées.

Des étudiants en BTS sont conviés par l’un de leurs professeurs à réaliser l’ensemble des cartels. Là aussi le vagabondage fertilise.

Il s’agit clairement de déplacer les regards, de les rendre mobiles, de favoriser des analogies en prenant appui sur l’inaccoutumé.

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Les trois artistes accueillis par la Galerie Art Est Ouest pratiquent un aller-retour permanent entre art et littérature. Ils s’inscrivent dans une vaste lignée remontant au Moyen-âge gothique où le mélange peinture écriture est courant.

Plus près de nous, Proust, Zola, Rilke, conversent avec les œuvres, tandis que Victor Hugo s’affirme excellent dessinateur, qu’Antonin Artaud évolue sans cesse d’un domaine à l’autre, que Raymond Queneau réalise gouaches et aquarelles, et que Picasso se fait à l’occasion auteur dramatique.

Les frontières sont souvent fluctuantes entre peinture et écriture, et fort nombreuses les analogies langagières, en tous cas.

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Deux rencontres avec le public (dates non encore arrêtées) ponctueront l’exposition :

- un débat : Écrire pour affûter le regard ;

- une réflexion - Montrer une œuvre d’art - en présence d’étudiants en BTS et de l’un de leurs professeurs (Lycée Saint-Exupéry, Marseille).

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Comme on dit dans les milieux branchés Save the date, autrement exprimé A vos agendas ! C’est pour novembre.

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[1] Galerie Art Est-Ouest - 22 cours Franklin Roosevelt – 13001 Marseille, à une portée d’arquebuse de l’Église des Réformés. Exposition « Vagabonder l’Art », 8-26 novembre 2016.

[2] Carambolages, sous la direction de Jean-Hubert Martin, livre-objet, Réunion des Musées Nationaux, 2016.

11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 08:50

Depuis l’adolescence Montaigne m’est peu à peu devenu un aimable compagnon de route. Il est l’un de mes référents préférés. J’éprouve une singulière affection à son endroit.

Un vieux pote, parfois une source d’inspiration, qui toujours incite à réfléchir, et souvent réconforte. Il est souvent de bon conseil. Indispensable aux moments difficiles.

Le fréquenter relève de l’hygiène la plus élémentaire. La langue qu’il pratique est un savoureux élixir.

L’ouverture d’esprit, la curiosité, l’acceptation de la différence, et l’esprit critique sont prothèses indispensables à une bonne santé mentale. De même que l’absence de volonté de prévaloir en toutes circonstances.

Avant toute chose, tenter de raison garder, nous dit-il à la suite d’Aristote.

Mort à 59 ans, Montaigne a vécu l’une des périodes les plus terribles qu’ait connues notre pays, celle des guerres de religion. Il ne s’est jamais dérobé, que ce soit au service du roi, du pays, ou de la paix (il aurait conseillé à Henri IV de se convertir au catholicisme pour ménager la paix civile). Il ne s’est pas refusé aux charges publiques, auxquelles il s’est soumis, sans les rechercher pour autant.

Il apparait comme un homme de culture, lucide, exigeant, fidèle à soi.

Montaigne notre évident contemporain.

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Quelques récents grappillages :

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Essais - Livre I - chapitre LVII - De l’âge

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Mourir n’est sans doute qu’une formalité bien ordinaire. Les occasions d’y parvenir sont si nombreuses, que mourir de vieillesse, c’est une mort rare, singulière et extraordinaire, et d’autant moins naturelle que les autres (...) mon opinion est de regarder que l’âge auquel nous sommes arrivés, c’est un âge auquel peu de gens arrivent.

Les misères personnelles dont l’usage de la vie s’accompagne ne sont pour la plupart que naturelles, banales, et somme toute très relatives, même si leur intensité est grande.

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Il se fonde sur l’exemple des anciens pour s’interroger sur le moment le plus propice pour renvoyer les hommes au séjour (le repos de la retraite). Je serais d’avis qu’on étandit notre vacation et occupation autant qu’on pourrait, pour la commodité publique ; mais je trouve la faute en l’autre côté, de ne nous embesogner pas assez tôt.

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Les belles actions humaines, dans le passé comme aujourd’hui, ont été produites avant l’âge de trente ans, et non après. Ne le puis-je pas dire en tout sûreté de celle de Hannibal, et de Scipion son grand adversaire ?

Que penser de notre monde où les gérontes se pressent aux commandes ?

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S’amenuiser est aussi banal que naturel. Il est possible qu’à ceux qui emploient bien le temps, la science et l’expérience croissent avec la vie, mais la vivacité la promptitude, la fermeté, et autres parties bien plus nôtres, plus importantes et essentielles, se fanissent et s’alanguissent.

Pourquoi déplorer alors que nous avons le privilège d’être arrivé là où nous sommes, que tant n’ont jamais atteint.

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Livre III – chapitre XIII – De l’expérience

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Nous avons en France plus de lois que tout le reste du monde ensemble (...) qu’ont gagné nos législateurs à choisir cent mille espèces et faits particuliers, et à y attacher cent mille lois ?

A l’époque se posaient déjà de très graves questions de sécurité, comme de relation à la religion...

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Pourquoi est-ce que notre langage commun, si aisé à tout autre usage, devient obscur et non intelligible en contrats et testaments (...) les princes de cet art, s’appliquant d’une particulière attention à trier des mots solennels et former des clauses artistes, ont tant poisé chaque syllabe, épluché si exactement chaque espèce de couture, que les voilà enfrasqués et embrouillés en l’infinité des figures et si menues partitions, qu’elles ne peuvent plus tomber sous aucun règlement et prescription ni aucune certaine intelligence.

La Communauté européenne et Bruxelles n’existaient pas encore.

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Il y a plus affaire à interpréter les interprétations qu’à interpréter les choses, et plus de livres sur les livres que sur autre sujet : nous ne faisons que nous entregloser.

Rentrée littéraire, marchandisation de la culture, et « littérature » politique.

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Considérez la forme de cette justice qui nous régit : c’est un vrai témoignage de l’humaine imbécillité, tant il y a de contradiction et d’erreur.

Cherchons la différence !

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Si les puissants et les importants se donnent en représentation, cela n’entame en rien le caractère qu’il a choisi de donner à son existence.

Les Rois et les philosophes fientent, et les dames aussi. Les vies publiques doivent à la cérémonie, la mienne, obscure et privée, jouit de toute dispense naturelle. (...) Il n’est rien si beau et légitime que de faire bien l’homme. (...) A l’homme de conduire l’homme selon sa condition.

Si nous avons beau monter sur des échasses, car sur des échasses encore faut-il marcher de nos jambes. Et au plus élevé trône du monde si ne sommes assis que sur notre cul.

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En bon stoïcien, parvenons à nous désencombrer et à accepter les choses telles qu’elles sont : Nous sommes pour vieillir, pour affaiblir, pour être malades, en dépit de toute médecine (...) Il faut apprendre à souffrir ce qu’on ne peut éviter (...) nature nous a prêté la douleur pour l’honneur et service de la volupté et indolence.

Le mal dont il souffre (la gravelle) vous laisse l’entendement et la volonté à votre disposition... elle vous éveille plutôt qu’elle ne vous assoupit.

Toute difficulté apporte à qui sait le reconnaître.

Pourquoi s’inquiéter outre mesure de l’avenir corporel immédiat ? Je serai assez à temps à sentir le mal, sans l’allonger par le mal de la peur.

Savoir jouir du moment présent : Quand je dance, je dance ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi. (...) A mesure que la possession du vivre est plus courte, il me la faut rendre plus profonde et plus pleine.

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C’est plutôt en témoin qu’en maître à penser qu’il souhaite apparaitre : cette fricassée que je barbouille ici n’est qu’un registre des expériences de ma vie.

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Les mois à venir risquent fort de nous rendre Montaigne encore plus indispensable. Raison pour nous en équiper.

2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 15:56

Fin de l’été. Chaleur persistante.

Torpeur.

C’est la rentrée !

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Pouvoir en capilotade.

Des lézardes partout.

De désaveu en désaveu, ça patauge de plus en plus.

Débandade du chacun pour soi.

Allure martiale et coups de menton.

Discrédits, oukases, rejets, mensonges et faux semblants.

Ça brinquebale, ça se déglingue.

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Words, words, words, bla, bla, bla.

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Les marionnettes s’agitent, elles n’amusent personne.

Recyclage, l’ancien revient.

Vide grenier, qui voudrait de l’actuel ?

Des clones clownesques élimés s’improvisent guides, devins, sauveurs, esprits éclairés.

La cohue primaire voudrait masquer le vide.

Amuser la galerie pour que la pièce continue.

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Le fait divers l’emporte.

Il s’autoproclame Evénement.

Le nez à la vitre entretient le trou noir de la pensée.

Burkini par-ci, Macron par-là.

Trump par-ci, Clinton par-là.

Quoi de mieux ici ?

Il court, il court, le furet.

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Un minuscule théâtre d’ombres pour débattre de nuances, de détails.

Rideaux de fumée, du pareil au même.

Surtout, avant tout, ne rien changer !

Des morts vivants acharnés à la perpétuation de l’existant.

L’automne sera chaud, l’hiver agité, le printemps torride.

A bas bruit, à petit feu, dont ils feront des orphéons et des brasiers.

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Face à cela, à jamais, insolence, révolte !

Refus de marcher dans la combine.

Combien ?

Combien serons-nous en arrivant au port ?

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