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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal
Articles récents

Parler, examiner, scruter, le silence... (2)

16 Décembre 2014 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Art ; silence

Un livre est en cours d'écriture en liaison avec Alain Sagault. J'en ai déjà parlé sur ce blogue le 25 septembre 2014. Il proposera des éclairages et des points de vue radicalement différents de la doxa officielle. Il s'agira de l'art, de sa fréquentation assidue, et de ce qui s'ensuit au plan personnel. Il s'agira de cela seul qui importe vraiment, l'art, la vie, et l'intime. L'ouvrage devrait paraitre courant 2015.

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Certains artistes sont visiblement à la recherche d’eux-mêmes. Ils sont souvent fascinants ; leur peinture déborde largement du cadre. Elle envahit et entraine voluptueusement dans son vagabondage. Aucun critère objectif ne peut évidemment justifier l’impression inouïe ainsi développée. Seul le saisissement suscité au plus profond de chacun, parfois heureusement partageable, agit comme garant.

D’autres, virtuoses incontestables, se consacrent quasi exclusivement à l’affirmation et à l’enrichissement de leur maitrise. Si l’effet produit n’est pas le même, un intérêt plus intellectuel qu’émotionnel existe à coup sûr. Le discours l’emporte alors sur l’émotion.

La différence siège parfois sur une tête d’épingle.

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De nos jours, Pierre Soulages fait système du noir comme piège à lumière. Il s’attache à la lumière pour elle-même, comme matière essentielle de sa peinture, et aussi comme sujet. Peut-être n’avons-nous là qu’une très habile utilisation d’une trouvaille technique propre à l’illusion.

Cependant, une exposition au Musée des Beaux-Arts de Nantes, en 1989, m’est demeurée en mémoire.

La monumentalité de l’installation des peintures, leur apparente monotonie, l’impression d’un très grand savoir-faire artisanal, tenaient à distance et nourrissaient la perspicacité. Néanmoins, le jeu des pièges régulièrement tendus me procura une satisfaction dont je me souviens encore.

Il en fut de même quelques années plus tard, lors de la visite de l’Abbaye de Conques dont les vitraux se prêtent au plaisir très subtil d’une harmonie silencieuse au service d’un édifice prestigieux.

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Merveilleux trouble engendré par la fréquentation de l’art.

Regarder, dévisager la peinture, comme lire ou écrire, c’est ouvrir béantes les portes lumineuses du silence et s’aventurer doucement à la découverte de l’inconnu.

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Marseille, une image différente

7 Décembre 2014 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Marseille

Cette ville n’est que villages, à visiter patiemment, à deviner, à déguster. Ses enclaves de silence s'additionnent et se savourent, qu’elles soient calanque, jardin ou parc.

La nature est présente : collines et rochers, mer, plages discrètes, vent du large, oiseaux de mer. Contrainte par la montagne, la cité affronte la mer. Des goélands moqueurs, gabians cousins du mythique Jonathan, survolent les parages. D'un point haut, posés l'instant d'un regard souverain, on entend leurs rires, qui se mêlent à ceux des enfants.

Cette ville si pauvre procède d'un lointain passé dont elle a toujours englouti les traces, elle n'offre que très peu de vestiges. Le souvenir n’est pas son fort. De longue date elle a digéré et réemployé son patrimoine, les monuments ne comptent pas ici. Point de passages, séjour de marchands, lieu d’échanges et de mixité, elle n'a jamais cessé de s'édifier.

Aux encoignures croissent les petites vivaces, à l'abri du regard. Humbles, elles fleurissent le bitume. Laiteron, pariétaire, fausse camomille, pied de pigeon, figuier, misère, lierre, chrysanthème inodore sont quelques-uns de leurs noms.

Comme les dents d'un peigne fin ordonnant les allées et venues, les ruelles voisines, sources jamais taries, drainent le quartier Plaine-Cours Julien et abreuvent l'espace d'une faune colorée, cosmopolite. On se côtoie, on se mêle. Cabotage urbain, chaque terrasse est un ponton. On y accoste un moment, pour se détendre, pour regarder, pour rien, pour être simplement bien, pour repartir bientôt, stimulé.

Passé le surprenant Vallon des Auffes, l’anse de la Pointe rouge abrite une plage très populaire. Il fait bon s’y rendre en fin de journée pour contempler le coucher du soleil bien loin au large. Des couples et des familles sont là. Les enfants s’ébattent, courent, sautent, rient, remuent sable et eau. Parfois un ballon s’égare, on sourit. Le jour décline, des nageurs profitent des derniers moments, des embarcations légères glissent tranquilles. Au loin des navires, deux ou trois, s’acheminent vers le port ou en sortent. D’où viennent-ils, où vont-ils, Maghreb, Corse, ailleurs ?

Le château d’If et les îles du Frioul poussent délicatement leurs premiers feux tandis que l’Estaque enfile son collier de lumières orangées. Notre Dame de la Garde luit, indifférente et lointaine au faîte de son rocher.

Existe-t-il quelque autre endroit en France où l’on puisse dîner en famille à deux pas des premières vagues ?

Nous sommes à Marseille dans le huitième arrondissement. Nous sommes aussi bien en Inde du Sud quelque part vers Trivandrum, là où les gens se rendent pour célébrer le cosmos, pour goûter l’instant, et ressentir un bien-être collectif léger et rassurant.

L’agitation du monde est marginale, presque oubliée. Ici se trouve un territoire humain hors du temps et de l’espace. Nous touchons à la simplicité de l’évidence. Rentrer chez soi en longeant la corniche, goûter la fraîche tiédeur de la brise nocturne, instants réparateurs. Marseille n’est décidément pas une ville.

La mémoire lui importe-t-elle ? Elle se délecte d’un style de vie qui la fait unique depuis les origines.

On devient marseillais sitôt qu’on y arrive ou bien on décampe sans demander son reste.

Partout des tentatives, des espoirs, des projets, des énergies et des frustrations, jamais rien d’abouti. Ainsi va la ville sans souvenir, qui fut un temps « Ville sans nom », digérant sans retenue les traces d’un amont dont elle se repaît, riche d’ambiances colorées, toujours prête à s’inventer, immuable, grouillante d’une incroyable diversité. Ville de coexistences, de rencontres, ville de proximité, ville d’étrangeté totale. Ville de contrastes et d’excès où le tohu-bohu et l’incivilité côtoient sans cesse silence et délicatesse inattendus.

En d’autres lieux on contemple le paysage, ici c’est lui qui nous irrigue, qui nous emplit comme le fait une peinture.

Le bleu du ciel est par-dessus les toits, avec le regard, avec les sourires.

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DES MOTS ... (amorce de petit glossaire naïf abrégé – suite 1)

1 Décembre 2014 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Langage

Admiration

S’en méfier, elle n’est souvent que le fruit d’une trop grande confiance ou de l’ennui.

Argent

Ne raisonner qu’en termes financiers fait rarement du bien aux bénéficiaires de largesses.

Art contemporain

Label couvrant un ensemble de produits jetables provenant d’élevages soigneusement contrôlés.

Les ouvriers de l’industrie culturelle s’appliquent aux recettes éprouvées, rusent, et font semblant d’innover.

Artiste

Être artiste relève de tout autre chose qu’une simple orientation professionnelle.

Aujourd’hui la confusion est soigneusement entretenue par les éleveurs et les maquignons de l’art-dit-contemporain.

Un véritable artiste ne peut pas faire autrement que de prendre le risque d’engager pleinement sa vie dans la voie choisie, quelles qu’en soient les conséquences.

Banlieues

Là où se conjugue la double humiliation de la misère et de la laideur (d’après Albert Camus).

Zones de stockage des rebuts urbains.

Bêtise

Elle n’a aucune limite, tandis que le génie cherche les siennes.

Bonne foi

Produit passe-partout, très souvent invoqué faute d’argument valable disponible.

Une définition satisfaisante en est-elle envisageable ? Quels critères d’évaluation retenir ?

Citoyen

Désigne des personnes auxquelles le Pouvoir fait prendre les vessies pour des lanternes. On parle alors moins de citoyens que d’électeurs. C’est-à-dire de personnes acceptant de se soumettre à des gardes chiourme.

Démocratie

Bobard absolu, fortes ventes dans les magasins de farces et attrapes.

Toujours balbutiant, le mythe d’un pouvoir exercé par le peuple s’est peu à peu diffusé depuis le 19e siècle, comme un immense rideau de fumée. Il a rapidement pris la forme d’un mensonge dont une mise en œuvre parfois chaotique s’est implantée dans certains pays. On parle alors de « démocratie représentative », pour occulter le fait qu’il s’agit en réalité d’oligarchie. N’oublions pas qu’on a même pu parler de « démocratie populaire » et de « dictature du prolétariat ».

L’organisation socio-politique désignée par cette galéjade est plus ou moins la même depuis les origines, sa capacité de mutation et de résistance est considérable.

Écrire

« J’écris pour que les gens continuent à lire. » (Claude Simon à l’occasion d’une interview ?)

Élections

Hallucinogène en vente libre.

Finance

Une manière très répandue de concevoir les choses de la vie.

Qui ne connait d’aristocratie que celle de l’argent, qui se définit uniquement par ses biens, s’en préoccupe exclusivement, en fait l’alpha et l’oméga de ses décisions, ne peut évidemment qu’attirer un mépris sans réserve, voire le dégoût.

Foi et croyances

Des contrepoids, des prothèses.

Gargarismes

Comprimés solubles à l’eau tiède : culturel ; démocratique ; développement durable ; principe de précaution ; autodétermination ; liberté, égalité, fraternité...

Langage politique

Outil de séduction totalement dépassé. Attrape mouches.

Art du non-dire, pour tenter de survivre parmi les morts-vivants.

Langues mortes

Le hollandais, le fabiusien et le solférinien sont les plus récentes.

Lecture

Besoin vital, hygiène essentielle, activité majeure.

Louanges

Laisser dire, il n’y a rien d’autre à faire.

Mensonge

Outil multi usages, manié avec virtuosité par quelques têtes de gondole, vieilles carnes du music-hall politique.

Plus il est répété, plus il est enjolivé, plus il a de chance d’accéder au statut de Vérité révélée.

Moindre mal

En politique, théorie névrotique de l’abandon, de la soumission, de l’aliénation consentie.

Programme de Gouvernement

La lutte contre le chômage, ainsi que celle contre l’évasion fiscale s’apparentent à la construction de la Grande Muraille de Chine : il y a partout des trous.

Révolte

Attitude tout à fait normale, à la stricte mesure de l’homme.

Révolution

Le plus court chemin pour aboutir à la démesure barbare de la terreur.

Silence

Du plein en décharge, tandis que le bruit et le bavardage sont du plein en surcharge.

Théorie de l’évolution

Lénine si tu savais : la Gauche est devenue le Stade suprême du Capitalisme.

Venise

Y aller, pour découvrir ce qui est hors de ce qui est à voir.

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Le Comede, vous connaissez ?

23 Novembre 2014 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Assistance médicale ;, #demandeurs d'asile ; exilés

Une de mes amies, Présidente du Comede pendant près de vingt ans m'envoie un appel à l'aide, que je m'empresse de relayer :

"C'est maintenant Didier Fassin qui a pris ma suite (tu le connais peut-être ou son frère le sociologue Eric Fassin) et qui envoie un appel au secours car les subventions sont de plus en plus soit beaucoup diminuées, soit même supprimées et l'aide aux demandeurs d'asile va bientôt devenir impossible si nous ne nous unissons pas tous pour aider cette équipe remarquable à continuer son travail."

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Le Comede (Comité médical pour les exilés) a été créé en 1979 par la Cimade, Amnesty international et le Groupe accueil solidarité pour promouvoir la santé des exilés en France. Les activités du Centre de santé, de l’Espace Santé Droit et du Centre-ressources du Comede sont indissociables pour répondre aux objectifs de l’association. En 30 ans, le Comede a accueilli 100 000 patients de 150 nationalités, réfugiés, demandeurs d’asile, mineurs étrangers isolés et autres migrants/étrangers en situation précaire de séjour et assuré des services spécialisés en matière de prévention et de soins, de bilan de santé, d’accès aux soins, d’expertise médico-juridique et de formation professionnelle.

Le Comede travaille en partenariat avec les acteurs professionnels et associatifs de la santé, de l’action sociale, du droit et de l’Administration pour répondre aux objectifs de l’association. En 2009, le réseau du Comede compte 1 000 partenaires en Ile-de-France, 5 000 lecteurs de Maux d’exil et 50 000 utilisateurs du Guide de prise en charge médico-psycho-sociale des migrants/étrangers en situation précaire, édité en partenariat avec la Direction générale de la santé et l’Inpes.


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Appel à soutien pour le Comede

Bicêtre, le 16 novembre 2014

Madame, Monsieur, cher.e partenaire, cher.e ami.e,

Au cours de l'année 2014, les actions du Comede en faveur de la santé et de l'accès aux droits des personnes exilées ont été affectées par la baisse ou la suppression de plusieurs subventions publiques, nous conduisant à une importante diminution de l'activité au cours du second semestre, en particulier dans le domaine des soins médicaux et psychothérapeutiques. Si la gestion prudente de l'association ainsi que l'apport supplémentaire de plusieurs fondations privées permettent de ne pas remettre en cause la survie de l'association, cette réduction de nos moyens d'action a des effets d'autant plus délétères qu'elle survient dans un contexte de très forte précarisation des conditions de vie et de progression des discriminations à l'encontre des demandeurs d'asile et de l'ensemble des migrants/étrangers.

En janvier 2015, l'association fêtera ses trente-cinq ans d’existence. En 35 ans, le soin et l’accompagnement de 130 000 personnes de 150 nationalités ont fait du Comede un poste d’observation privilégié de la santé et de l’accès aux soins des migrants/étrangers en France. Les publications de l’association, en particulier le Guide Comede et la revue Maux d’exil, dont le numéro prévu pour septembre 2014 a du être supprimé pour des raisons économiques, reposent en effet sur l’expérience des membres du Comede acquise dans le cadre des activités quotidiennes auprès des personnes exilées et des particuliers, associations et professionnels qui leur viennent en aide.

Dans un contexte où les subventions publiques deviennent plus difficiles à obtenir ou à renouveler, mettant ainsi en danger le soin et l'accompagnement de personnes particulièrement précaires, le soutien de toutes celles et tous ceux qui considèrent qu'il est important pour notre société de manifester une solidarité à l’égard des personnes exilées est essentiel.

Pour ces raisons, nous faisons appel à votre générosité et à votre soutien pour la fin de l'année 2014 et en vue de la préservation des actions du Comede en 2015.

Didier FASSIN

Président du Comede

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BULLETIN DE SOUTIEN

A adresser au Comede, BP 31, 94272 Le Kremlin Bicêtre Cedex

ou par mail à contact@comede.org

Je veux soutenir l'association Comede et vous fais parvenir un don de :

□ 20 € □ 50 € □ 100 € □ autre : …………. €

□ En especes

□ Par cheque

A l’ordre de : Association Comede

□ Par virement bancaire

Association Comede au Crédit Lyonnais LCL,

Agence du Kremlin Bicêtre 94270.

Banque Agence Compte Clé

30002 00520 0000007592U 79

et je souhaite recevoir un recu fiscal à l'adresse suivante:

Nom ...................................... Prénom ...................

Adresse ......................................................................

..................................................................................

Code Postal .............................. Ville ........................

Tel .........................................................................

E-mail ........................................................................

Les dons au Comede sont déductibles de vos impôts. A hauteur de 75% pour tous dons inférieurs à 521€ et de 66% au-delà de ce montant, dans la limite de 20% du revenu imposable.

Conformément à la loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant ou les modifier en écrivant au Comede.

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Art dit contemporain, encore...

20 Novembre 2014 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Art contemporain ; art actuel, #; Télérama

Dans une chronique récente (16 juin 2014, « Le désenchantement de l’art contemporain »), j’ai abordé la question de l’art nommé contemporain, à partir de la lecture du livre de Nathalie Heinich intitulé « Le paradigme de l’art contemporain ».

Le dernier « hors-série » de Télérama – L’art contemporain ; origines, acteurs, enjeux - vient (heureusement ?) compléter le tableau (puisse cet abus de langage m’être pardonné).

Cette publication, qui contribue volontairement ou non à la promotion médiatique de ce prétendu art, permet d’asseoir la conviction d’une monumentale imposture entretenue par une camarilla de fieffés coquins.

L’art dit contemporain occupe quasi exclusivement le terrain depuis des décennies, et Télérama, qui par ailleurs se montre tout à fait capable de s’ouvrir à d’autres formes d’expression (quelques-uns de ses précédents hors-série en administrent la preuve), en remet une couche. Bien sûr, à les lire d’un peu près, les textes d’accompagnement ne manquent pas d’exprimer des réserves. Mais...

Les nombreuses illustrations montrent clairement combien une cérébralité exacerbée et desséchante permet le n’importe quoi.

L’art confiné à l’expérimentation tous azimuts s’affole de ce qu’il lui faut élaborer ses propres règles chemin faisant, alors qu’il conchie allègrement toutes celles de ses prédécesseurs. Il se pare souvent d’un tourment pseudo philosophique pour masquer sa vacuité.

Une question se pose : quand la forme et le sens font également défaut, peut-on encore parler d’art ?

Les héros proclamés de l’Artcontemporain ne vivent que de l’exploitation acharnée, rancie, racornie, usée, élimée, de ce que Duchamp a initié et de ce qu’a réalisé Dada. Epigones, misérables épigones !

Lorsque l’on part du principe que tout se vaut et que rien ne l’emporte, le débouché sur le n’importe quoi est évidemment inscrit. Ne reste plus que la nécessité de « faire événement » pour se faire remarquer.

A partir de cela seule prévaut la valeur économique de la production baptisée artistique pour les besoins de la cause.

Les contingences économiques deviennent alors le seul fondement de comportements cyniques et opportunistes.

Le marché de l’art se donne en spectacle permanent.

L’art (prétendu) a vendu son âme au Commerce.

A quand un travail sérieux et documenté sur ces nombreux artistes, patients, obstinés, convaincus, intransigeants, qui œuvrent sans relâche dans la pénombre ?

A quand un recensement patient de ce qui s’élabore dans l’ombre, délibérément ignoré par les fonctionnaires ignares et méprisants de Laculturofficielle ?

Du lundi au vendredi, de 12h30 à 12h45, France Inter diffuse « Carnets de campagne », une émission mettant l’accent sur des initiatives régionales méritant d’élargir leur audience.

Un rêve, une question : Qui saura un jour contribuer à la création de quelque chose d’analogue, consacré à l’art vivant ?

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DES MOTS ... (amorce de petit glossaire naïf abrégé)

13 Novembre 2014 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Langage

Alternance

Modalité politique permettant la poursuite du même ad aeternum.

Ambition

« Être dans le vent, c’est avoir l’ambition d’une feuille morte. » (Banderole vue au jardin du Luxembourg – Paris)

Anxiogène

L’idée de liberté sans limite favorise la montée des fanatismes.

Barbarie

Commence à notre porte, avec la société du contrôle permanent, et le principe de précaution.

Certitudes

Incertaines certitudes temporaires, qui fragilisent les principes.

Servent à animer le théâtre d’ombres politiques.

Consanguinité

Équivalence absolue entre l’hémisphère droit et l’hémisphère gauche de tout personnage désireux d’accéder aux marches du pouvoir.

Contresens

La notion de « démocratie représentative » est un prototype de contresens. Dès qu’ils sont élus, les « représentants » font écran. Ils savent, puisqu’élus.

Le peuple qu’ils incarnent n’a qu’à bien se tenir, sinon ils s’emploieront à faire « maintenir l’ordre républicain » dont ils sont dépositaires.

Croyances

Succédané de potion magique fait d’un mélange de pensées jetables, compactes, ensachées, prêtes à l’emploi.

Culture

Mot valise dont on ne connait jamais le contenu.

Office de la Culture, Ministère de la Culture, Culture pour tous : mensonges permanents.

Marchandise frelatée, leurre commode.

Élections

Accepter naïvement de mettre en place une élite à laquelle on s’assujetti des années durant en s’abstenant de tout contrôle.

Étranger

Cul de sac de l’Europe, terre d’immigration et d’invasion, la France est à l’évidence d’origine étrangère.

Frontière

Manière de non-sens.

Limite imaginaire instaurée pour faire face à l’ennemi.

Graffiti

« Si Dieu existe, j’espère qu’il a une escuse. » (vu à Marseille)

Humour

Tentative de revanche sur le mystère de la vie.

Intérêt général

- Qui en décide ?

- Les « représentants » du peuple ! Ça va de soi !

« Sous couleur de démocratie, de pluralité, de tolérance et de bien-être, les autorités politiques inféodées aux pouvoirs marchands, ont édifié un système totalitaire sans nul autre pareil. » (Pier Paolo Pasolini)

International

- Inter-national, bien sûr ?

- Vous plaisantez, j’espère !

Marché de l’Art

Imposture développée en moyen de pression (lobbying) sur les pouvoirs publics par des bandes organisées concurrentes, attachées au développement d’une spéculation financière fondée sur le négoce d’objets sans valeur, et probablement le recyclage d’argent sale.

Occasion de pratiquer l’élevage d’artistes labellisés voués au néo-académisme officiel.

Méchanceté

Un désir de bonheur initialement contrarié.

Moderne

Contient mode.

Présent absolu, sans futur, ni passé.

Mort

Les religions parlent à la fois de la mort et de l’immortalité.

Elles voudraient nous rendre moins mortels pour mieux nous soumettre.

Mutation

Passage rapide d’une appartenance professionnelle (la classe ouvrière, les métallos...) à une appartenance géographique (les jeunes racailles des cités, les immigrés).

Paradoxe 1

Dans ses propos comme dans ses actes, dans ses manières et sa démarche, le Président Hollande a un côté très... gauche.

Paradoxe 2

L’eau met des centaines d’années à transiter du sommet des montagnes aux sources minérales.

Sitôt mise en bouteille, on décide d’une date limite pour sa consommation.

Profession de foi

« In Cod we trust. » (lu en Norvège, dans une maison de pêcheurs)

Question

« C’est une très bonne question, je ne voudrais pas la gâcher par une réponse. » (John Cage, Silence)

Regard

« C’est au-dedans de soi qu’il faut regarder le dehors. » (Victor Hugo, Choses vues)

Sacré

Inaccessible, le sacré nous dépasse, et pourtant nous désirons l’expliquer, sinon l’atteindre. Voici pourquoi le mystère de la vie pousse à l’invention de dieux.

Manipuler la vie devient aujourd’hui possible, l’homme se situe dès lors dans la proximité des dieux. Le sacré disparait.

Sondages

- Que pensez-vous quand vous pensez ceci ou cela ?

- Et si par hasard je ne pense pas ceci ou cela ?

- Dans ce cas, le sondage n’a plus lieu d’être.

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Le bigorneau

7 Novembre 2014 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Actualité politique

Très commun, le bigorneau s’adapte aux conditions ambiantes dont il se satisfait.

Plus la marée est basse, plus il s’accroche à son rocher. Demeurer en place est alors son unique horizon.

Le bigorneau ne s’aventure jamais en haute mer, il se déplace autour de son caillou et cela lui suffit. Quand une anfractuosité lui convient, il s’y attache.

Bigorneau normal parmi les bigorneaux, dit-il. Ce faisant il n’intéresse pas grand monde, mais cela lui importe peu.

Il sait qu’un jour une vague plus forte que les autres le balaiera, à moins que ce ne soit un pêcheur solitaire qui vienne le cueillir pour le consommer en famille.

L’essentiel pour lui est de durer autant que le permettent les règles maritimes les plus élémentaires. Il n’a aucun désir d’innover en quoi que ce soit. Il s’adapte sans jamais s’aventurer hors de son espace traditionnel.

Le bigorneau ne remet jamais rien en question, c’est bien connu.

C’est comme ça. Il ne peut pas aller contre sa nature immuable de mollusque à coquille spiralée. Il connait son destin et s’en accommode.

Comme les bigorneaux vivent en colonies, malgré sa myopie et peut-être à cause de sa surdité, il a les yeux fixés sur ses congénère, hanté qu’il est de voir l’un d’entre eux prendre quelque initiative menaçant la stabilité de la colonie, à laquelle il tient d’autant plus qu’elle s’amenuise.

De temps à autre il laisse échapper une mini bulle d’oxygène. Dans cette bulle les experts conchyliculteurs tentent de discerner un signe à interpréter. Ils constatent que le plus souvent elle ne contient rien d’autre qu’elle-même.

Le bigorneau économise sa respiration, comme ses pensées.

A vrai dire, la question se pose de savoir si le bigorneau possède ou non une pensée.

Les avis les plus autorisés penchent en général pour la négative.

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Place Vendôme...

21 Octobre 2014 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Art contemporain ; marché de l'art ; politique

Quelle dérision, quelle pantalonnade !

D’un non-événement on fait un barnum.

M. Paul Mc Carthy a réussi son coup. Quasi inconnu hier, il devient une vedette ultra médiatisée, mieux une victime au cœur généreux. Il accepte de souffrir publiquement au nom de son Art, c’est-à-dire de L’Art en général. Excusez du peu.

Nous sommes ici en plein dans ce qu’il est convenu d’appeler « art contemporain », sans jamais savoir où se situe l’art.

Transgression,

Provocation,

Subversion,

sont les trois mamelles de la chose, ainsi que l’établit Nathalie Heinich dans son dernier ouvrage (cf. ce blogue, date 16 juin 2014).

A ce titre, la gifle dont M. Paul Mc Carthy fut le destinataire au moment de l’installation de sa structure gonflable, relève parfaitement de l’art contemporain. Bravo à l’artiste anonyme, qui malheureusement a préféré prendre la fuite. Quelle humilité !

Et maintenant à quoi assiste-t-on ?

D’une part les milieux intégristes les mieux pensants nous renseignent utilement sur l’existence et l’usage de godemichés demeurés confidentiels jusque-là. Etonnant combien ces gens-là sont documentés et à la pointe de l’actualité ! Grâce à eux la morale ne connait aucune limite.

D’autre part, les politiques, Président de la République en tête, cautionnent « l’œuvre ». Ce faisant, ils défendent à tout crin l’Etat marketing dont ils tiennent leur pouvoir, qu’ils servent à qui mieux mieux. Prétendant qu’au nom de l’art tout est admissible, ils disent leur totale soumission aux puissances financières dont ils sont les redoutables marionnettes. Ils inaugurent leurs Fondations qui ne sont que des machines à faire du fric. Pour eux, l’art n’est plus qu’un produit de luxe, un des nombreux accessoires indispensables à qui veut paraitre.

"La France sera toujours aux côtés des artistes comme je le suis aux côtés de Paul McCarthy, qui a été finalement souillé dans son œuvre, quel que soit le regard que l'on pouvait porter sur elle" ose déclarer le PR, qui en matière de souillure de l’œuvre et de la fonction est un connaisseur.

Terrible régression !

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Défense de parler la bouche pleine

14 Octobre 2014 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Information ; Presse

Quand j’étais enfant, j’ai appris qu’il n’était pas convenable de parler la bouche pleine. Pas poli, disait-on.

Comme les temps ont changé, aujourd’hui la règle est de parler la bouche pleine, pleine de mots.

Il n’y a pas que Zemmour, omniprésent sur les ondes, contesté par beaucoup, mais invité par tous. Chaque matin France Inter nous régale de ses invités parmi lesquels ceux qui ont quelque chose à dire, et qui le disent clairement, sont l'infime portion.

Des mots, toujours les mêmes, nous sont déversés à satiété : crise, dette, démocratie, réforme, chômage, croissance, déficit, changement, prise de conscience, peuple, nation, Commission de Bruxelles, droits de l’homme, accueil, retraite, humanisme, courage, affaires, Bygmalion, barbarie, sondage, Europe, islamisme, GPA, PMA, famille, jihadisme, 6e République, Sarkozy, immigration, etc.

Bla, bla, bla, comme disait Shakespeare.

Il faut parler. Peu importe ce que l’on dit.

Assez !

Autant je rêve d’un TGV lent permettant de savourer les intervalles, autant je rêve d’un certain silence radio, propice à la réflexion, à la pensée.

Il fut un temps où des éditorialistes avaient des choses à dire, ils proposaient des pistes à prolonger. Les auditeurs, les lecteurs, jouissaient d’un préjugé favorable. Ils étaient supposés à même d’élaborer à propos de l’actualité, des grands problèmes.

Toutes choses révolues depuis des lustres. Des humanoïdes robots répétiteurs de messages préfabriqués par les Agences ont remplacé les journalistes.

Pas de blancs, surtout pas de blancs, pas de silences, pas de temps pour la réflexion, pas de commentaires, encore moins d’analyses, uniquement des petits formats à la queue leu-leu.

Gavage, gavage à outrance, lessivage, décervelage. Alfred Jarry était un visionnaire ! Pompe à phynance et machine à décerveler.

assez, asseZ, assEZ, asSEZ, aSSEZ, ASSEZ !

Les mots que l’on entend à bouche que veux-tu sont aussi creux que de vieilles dents tout juste bonnes à arracher au plus vite.

On parle d’une crise de la presse. Etonnant, n’est-ce pas ?

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Le Jihad, Israël et l’Occident

7 Octobre 2014 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #JIhad ; Israël ; Proche-Orient, #; Sectes

Dans le numéro 1321 de Politis[1], semaine du 2 au 8 octobre 2014, figure un dossier relatif à l’endoctrinement de jeunes gens en faveur du Jihad. La présidente fondatrice du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’Islam – CPDSI -, ainsi que le président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires – Miviludes -, témoignent l’un et l’autre à partir d’entretiens de terrain et d’études qu’ils mènent.

Remarque liminaire : les adolescents qui partent pour la Syrie relèvent avant toute autre considération de l’enfance en danger. [2]

Les intéressés appartiennent souvent à des familles athées, appartenant aux classes moyennes ou supérieures, quelques familles juives ou chrétiennes sont touchées, très peu de musulmans.

La fourchette d’âge concerné se situe entre 14 et 28 ans. Ces adolescents ou jeunes adultes expriment une très forte volonté de rupture avec leur milieu naturel.

Ce n’est que progressivement qu’ils se radicalisent dans une pratique religieuse, comme sans doute tout néophyte quelle que soit l’appartenance.

Les filles présenteraient plutôt naïvement un côté « Mère Teresa », c’est-à-dire venir en aide aux démunis, tandis que les garçons chercheraient une communauté fraternelle et virile. Certains d’entre eux déclarent ne pas se sentir de place dans la société et souffrent d’une absence de père. Pour eux tenir un discours irréductible représente un espace de substitution très réel à leur mal-être.

Le risque d’une « dérive sectaire » peut donc correspondre à différents symptômes : rupture sociale, rupture familiale, atténuation de l’identité individuelle, relations paranoïaques avec l’entourage...

Un processus d’endoctrinement mafieux, très pernicieux, affecte aussi bien les filles que les garçons via Internet et Facebook, réseaux très fréquentés, bien plus efficaces que la contagion par les mosquées ou la prison.

Ce processus dépasse la question religieuse, l’Islam n’est qu’un maquillage habile :

« 80% des familles qui m’appellent sont athées, très peu maghrébines ou issues de l’immigration » (Dounia Bouzar, directrice fondatrice du CPDSI).

Voici une remarque qui met à mal le postulat simpliste selon lequel le développement du Jihad s’expliquerait tout bonnement par une frustration maladive d’anciens colonisés revanchards.

Il ressort de tout cela qu’en fait nous sommes confrontés à quelque chose d’analogue à ce que pratiquent les sectes. Le faux et le vrai sont constamment mêlés pour troubler et embrigader des esprits fragiles à partir d’une réalité désormais alimentée par les massacres perpétrés par Bachar El Assad en Syrie, ainsi que par l’impact de l’impunité d’Israël entretenue depuis des décennies par les gouvernements occidentaux.

Le cynisme et la duplicité occidentale à l’égard de la politique colonialiste d’Israël, l’absence de sanction vis-à-vis de son mépris constant des règles du droit international, rendent ipso facto les Etats-Unis ainsi que la France complices des tueries perpétrées à Gaza. Cela d’autant plus que la politique de la France est peu lisible.

La rage de vengeance ne connaitra aucun répit tant que durera le conflit israélo-palestinien.

Quelle qu’en soit la nature, toute opération occidentale au Proche-Orient est assimilée à une entreprise coloniale contre laquelle tous les moyens de lutte sont bons. L’aventure irakienne enracine cette conviction.

Même si les interventions contre les barbares criminels sévissant dans cette région s’imposent, personne ne pourra empêcher des adolescents désorientés épris d’un idéal de justice de penser que les bombes visent avant tout des Arabes au secours desquels il est urgent de se porter. L’emploi de la force armée ne peut suffire à lui seul. Si nous en restons là, il ne servira qu’à envenimer les choses et, en fin de compte, à faire le jeu de la barbarie.

La seule voie de recherche d’un apaisement se trouve dans l’urgente obligation de contraindre enfin Israël à la raison, par la diplomatie et une très forte pression politique dont le boycott de ses productions peut augmenter l’efficacité.

Ce n’est pas un préalable, c’est une nécessité absolue.

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1 Politis est un hebdomadaire engagé dans un combat en faveur d’une économie sociale et solidaire et d’une démocratie participative. La précarité chronique de sa situation financière tient à son souci d’indépendance.

2 Un récent article de presse révèle qu’au Danemark la méthode douce est préférée à la sanction. Attitude très différente de ce qui se pratique en Grande-Bretagne ou en France.

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