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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal
Articles récents

Enfin disponible en librairie, un livre attendu

26 Octobre 2013 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Art contemporain, #Peinture, #Serge Plagnol

Avec un retard de près de deux mois sur la date annoncée (aimable mystère de la diffusion), mes Secrets d'alcôve (Jean Klépal à propos de Serge Plagnol, Area - Descartes & Cie, éd., 144 p., 20 € - Sodis distributeur) sont enfin disponibles dans le réseau des libraires, me dit-on.

Ce livre abondamment illustré de travaux de Serge Plagnol * aborde non seulement le parcours actuel d'un artiste qui mérite une sérieuse attention, mais aussi la place et le rôle que l'art, et plus précisément la peinture, peuvent exercer au quotidien pour chacun. (Avec l'âge l'art et la vie ne font plus qu'un, remarquait Georges Braque)

Fréquenter l'art, acquérir ou non des œuvres, les accueillir chez soi, leurs résonances, vivre en leur compagnie, vie publique et vie privée des œuvres, le contact avec des artistes et le bonheur des visites d'atelier, le rapport au passé face aux évolutions du présent...

* Quelques œuvres de Serge Plagnol sont visibles dans le cadre de l'exposition ChiFra, qui se tient avenue des Champs Elysées, à l'occasion de la Fiac.

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Lectures bénéfiques pour temps misérable

22 Octobre 2013 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Rentrée littéraire ; Romans ; Haenel ; Jérusalmy; Trouillot

Voici durablement installé le temps misérable de la confusion gouvernementale, de l’obscénité politique généralisée, de l’indécise incapacité présidentielle oublieuse d’elle-même. Temps de la psychose, temps du haut-le-cœur. Mieux vaut dès lors se consacrer au silence distancié et à la lecture, plutôt qu’au ressassement d’impuissantes aigreurs, si justifiées soient-elles.

La rentrée littéraire abonde une fois de plus en ouvrages comportant trop de pages, trop de lignes par page, trop de mots par ligne, trop de lettres par mot. Des pisse-copies sont hardiment à l’œuvre…

Comme à l’accoutumée on ne parle que de romans, comme si l’écrit se résumait à cette unique forme. Hors le roman point de salut ?

Festivals de ci, de là, des auteurs sous leur meilleur profil, tour à tour aguicheurs, putassiers, vrais, authentiques (parfois) ; peu, très peu, de place pour les essais, la poésie, le théâtre, l’histoire, que sais-je encore. Peu de place pour l’écriture sous toutes ses formes, pour l’écrivant sous tous ses aspects. L’abondance d’une marchandise soigneusement conditionnée dans la gangue de laquelle se dissimulent cependant quelques pépites.

Fouiller, humer, écouter, palper, tenter, goûter, savourer, se délecter (de temps à autre), demeure cependant possible à qui prend le parti de la lente circonspection, du détour curieux, de la traversée des pelouses interdites.

A l’occasion de cette rentrée, quatre coups de cœur à signaler. Quatre amorces offertes pour quelques partages possibles. Quatre antidotes. Des romans, il est vrai… Mais denses, exigeants, et respectueux du lecteur. Fruits d’un réel travail d’écriture, des œuvres composées par de véritables dégustateurs de la langue et non par des producteurs industriels verbaux.

Si l’ordre alphabétique efface la préférence hiérarchique, adoptons-le.

D’abord Yannick Haenel, avec Les renards pâles (Gallimard, 175 p. – 16,90 €).

Une première partie avec une succession de courts chapitres pour installer puis établir en seconde partie une chorégraphie sociale à partir d’un homme démuni, déconnecté, ayant choisi de se soustraire à la vie courante en nidifiant dans sa vieille voiture, garée rue de la Chine, à Paris. Au fil des pages interviennent Godot, les masques Dogon, le souvenir de la Commune, le refus d’une quête identitaire uniformisante, la nécessité d’un bouleversement politique…

Un livre sans doute appelé à compter dans le fouillis de la rentrée.

Raphaël Jérulsamy a publié l’an dernier son premier roman, Sauver Mozart (Actes Sud, éd. 2013, Babel, 151 p. – 6,70 €).

Eté 1939, un autrichien, juif mais pas tout à fait, entame un journal destiné à son fils sans doute émigré en Palestine. Il suit les événements que nous savons, depuis le sanatorium où il dépérit. Marginal, inutile puisque malade, il se sent profondément humilié. Mélomane averti, il enrage de voir les nazis dénaturer le festival de Salzbourg, et par là attenter au souvenir de Mozart. Si tuer Hitler est hors de portée, si tout parait perdu, sauver Mozart lors de la prochaine édition du festival devient le but unique auquel se consacrer.

Ce livre brillant, remarquablement écrit, tient en haleine et se révèle une véritable réussite.

A lire de toute urgence !

Le même vient de rééditer son exploit avec La confrérie des chasseurs de livres (Actes Sud éd. 2013, 316 p. - 21 €).

Un roman picaresque où François Villon, le poète et malandrin que nous croyions connaître, mène une incroyable aventure en Palestine, sur ordre de Louis XI, à la recherche de documents propres à contrer l’influence du Vatican.

Une fiction tonique, un écrivain dont le nom mérite d’être retenu.

Avec Parabole du failli (Actes Sud éd. 2013, 189 p. – 20 €) Lyonel Trouillot a écrit un grand livre, terrible, grave, à la gloire de tous les humiliés, de tous les laissés pour compte, de tous les mal aimés. La langue, si belle soit-elle, la pensée, si profonde soit-elle, ne parviennent pas à transformer la cruauté de la vie. Elles permettent au moins d’en donner à lire le témoignage, donc de continuer à s’insurger.

Lyonel Trouillot n’en est pas à son coup d’essai. Cet écrivain haïtien est un Monsieur, sa fréquentation enrichit le lecteur.

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Marseille-Provence 2013 – Le Grand Atelier du Midi

21 Septembre 2013 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal

Une exposition en deux volets (Aix et Marseille) s’intéresse au laboratoire de la modernité que fut le Midi, de la Catalogne à la Ligurie en passant par la Provence, entre la fin du 19e et la seconde moitié du 20e siècle. Belle occasion de revoir ou de découvrir des œuvres magistrales provenant de collections et d’horizons divers.

Le Musée Granet, à Aix en Provence, propose un parcours intitulé de Cézanne à Matisse, tandis que le Palais Longchamp, à Marseille, en présente un second, de Van Gogh à Bonnard.

Le propos est clairement de montrer une quête de la lumière, des couleurs et des formes dans le sillage de quelques maîtres.

Cette exposition est honorable et intéressante, elle est cohérente.

Nous y rencontrons notamment Monet, Signac, Braque, Modigliani, de Staël, et bien d’autres, dont un Dubuffet dont on se demande ce qu’il fait là, et la bavarde et prétentieuse « Pêche au thon » de Dali. Mais aussi et surtout quelques superbes Cézanne, de sublimes Matisse, de bien étonnants Dufy, des pièces majeures de de Staël, quelques toiles dévoilant la tendresse permanente de Picasso à l’égard de ses sujets, etc.

Cependant… elle est insatisfaisante à deux titres :

  • elle laisse supposer, puisque non complétée par une suite, que la peinture s’est arrêtée vers le mitan des années soixante-dix ;
  • elle cède à la facilité de toujours montrer les « valeurs » établies.

Le public est invité à voir ce qu’il connaît déjà. L’audace n’est décidemment pas le fait des conservateurs et autres commissaires d’expositions.

Quelle place est-elle faite dans la programmation de ce Marseille-Provence 2013 à la création actuelle ? Quasiment aucune.

A quoi tient cette ignorance du travail des artistes au travail depuis trente ou quarante ans ? Serait-ce simple mépris à leur égard ou aveuglement historicisé des préposés à la culture ?

Pourquoi ne jamais montrer, ne jamais vraiment s’intéresser sans doute, à ces artistes si nombreux qui œuvrent dans le vaste périmètre du « Midi » ? La capitale de la culture n’a absolument pas mis ses pendules à l’heure, elle joue délibérément la facilité. On pourra me rétorquer « voyez la friche de la Belle de Mai, ou bien le MAC, à la Pointe rouge », mais là il s’agit de tout autre chose puisqu’il est essentiellement question de la « mode » et des dérives du marché, ou d’une certaine confusion entre art et ethnographie.

On ne les montre pas, ou pas assez ? Eh bien, citons en quelques-uns, âges et valeurs confondus, vivants ou décédés, dont certains jouissent cependant d’une réelle notoriété (liste non exhaustive bien entendu).

Parmi les artistes plasticiens, peintres, graveurs et dessinateurs :

Mario Prassinos, Vincent Bioulès, Gérard Traquandi, Serge Plagnol, Eric Rolland, Sylvie Pic, Mark Alsterlind, Olivier Huard, Alain Diot, Anne-Marie Pécheur, Giuseppe Caccavale, Mr Post, Denys Fine, Louis Cane, Gabriel Delprat, Hassan Musa, Ionas, Jean-Jacques Ceccarelli, Martine Lafon, Gérard Depralon…

Parmi les sculpteurs :

Bernard Pagès, Jean-François Coadou…

Parmi les photographes :

Jean-Pierre Sudre, Denis Brihat, Olivier Menanteau, Susanne Hetzel…

Il y aurait là de quoi monter une série d’expositions propres à piquer la curiosité du public, à montrer que le vedettariat en art n’est pas le seul critère, que la peinture est loin d’être morte. Propre à montrer que la vie artistique est bien plus florissante et fréquentable qu’on ne le suppose et qu’elle nous concerne en permanence.

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Comment la pensée se fait-elle enchaîner. Méfions nous !

6 Septembre 2013 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Etats-Unis - Aliénation - Conditionnement - Manipulation - Religion

Susan George – La pensée enchaînée (comment les droites laïque et religieuse se sont emparées de l’Amérique) – (Fayard éd. 2007, 315 p., 20,90 €)

L’essayiste franco américaine Susan George est surtout connue comme militante altermondialiste et présidente d’honneur d’Attac-France (Association pour la Taxation des Transactions financières et l’Action Citoyenne). Elle nous propose ici un livre au contenu si décapant, si impitoyable et si effrayant, qu’il ne peut que susciter le hourvari chez les esprits éclairés et bien-pensants effrayés par la vulgarité de la réalité.

Excellente raison pour tenter d’en rendre compte.

L’auteur n’établit jamais d’analogie avec ce qui se met en place chez nous avec une redoutable opiniâtreté; pour qui est un peu attentif des parallèles s’imposent à l’évidence, que l’on porte le regard à « droite », comme à « gauche ». Simple question de nuances, terrifiante préfiguration…

Écrit à la fin des années Bush, cet ouvrage est le fruit d’une enquête minutieuse, fort documentée, au cœur de la société étasunienne dont il met en lumière les aspects les plus insensés et les plus monstrueux, constitués en modèle à vocation universelle :

  • mise en place patiente et redoutablement efficace par les lobbies de l’hégémonie culturelle des forces les plus régressives qui se puissent imaginer ;
  • politique étrangère impérialiste et primauté du militarisme belliqueux ;
  • phagocytage des institutions par une droite religieuse obscurantiste et fanatique ;
  • assaut contre le savoir et les connaissances les plus établies, confusion entretenue entre prêche et enseignement.

Des notations partielles au fil des pages :

1 – La fabrication du bon sens

Les marchés et l’entreprise privée sont garants d’efficacité économique, le libre échange est in fine ce qui est le plus avantageux, une fiscalité allégée pour les riches garantit la prospérité de tous, les inégalités sont une donnée fondamentale incontournable, capitalisme et démocratie vont de pair, les pauvres doivent d’abord s’en prendre à eux-mêmes, la puissance militaire assure la sécurité nationale, il appartient aux États-Unis de promouvoir le libre marché et la démocratie dans le reste du monde, tels sont à peu près les « évidences » sur lesquelles se fonde le credo du « bon sens » étasunien actuel.

« Le souverain n’est ni un État … ni le peuple, mais le marché … la liberté économique supplante toutes les autres formes de liberté (…) En attribuant le rôle suprême à la liberté économique … ils ont choisi la voie qui conduit à la concentration des droits entre les mains (de) la minorité des riches, qui sont donc aussi les puissants. »

La période la plus récente de l’histoire de l’Amérique (et par conséquent du monde) correspond à la propension aux interventions militaires, ainsi qu’à l’accroissement permanent des budgets correspondants.

La volonté de diminuer les impôts et les interventions de l’État conduit à sous-traiter les services publics (y compris l’enseignement et le secteur médical) à des entreprises privées pour lesquelles, bien entendu, le profit immédiat est le critère dominant. (La tendance à suivre ce modèle est déjà bien implantée chez nous aussi.)

Dans le domaine de la politique étrangère, l’interventionnisme est la règle, et les institutions internationales sont tenues pour négligeables. La défense sans réserve de l’État d’Israël tient à ce qu’il constitue une sorte d’avant-poste US au Moyen-Orient.

Tout ce qui concerne l’individu, sexualité, égalité raciale, droits des femmes, droits civiques, possession d’armes à feu, fait l’objet d’une très vigilante attention de la part des néoconservateurs engagés dans une croisade politique, culturelle, morale et religieuse prêchant le retour à des valeurs d’autres temps.

Reagan a marqué l’entrée définitive en territoire néolibéral/néoconservateur, c'est-à-dire le rapt d’une pensée économique et sociale auquel les modérés n’ont pas suffisamment pris garde. Le décalage dramatique de leur prise de conscience et leur passivité ont permis aux forces les plus rétrogrades de conquérir des positions quasi inexpugnables. Le pouvoir financier de l’extrême droite traditionaliste est assis sur un grand nombre de Fondations distribuant bourses et prix à des individus ou à des universités ainsi placés sous contrôle. Les Think tanks (groupes de réflexion) alimentent des réserves d’experts de tout poil, présents partout, notamment dans l’enseignement supérieur, mobilisables en permanence pour donner le La à tout propos : presse, édition, TV, les invitent en permanence (il en est de même chez nous, ce qui rend notamment la télé irregardable). Cette droite extrême investit à long terme dans les esprits et les intelligences. Elle prend son temps pour pousser ses pions avec beaucoup de subtilité, tandis que la pensée progressiste demeure timorée, à courte vue, sensible à la moindre critique, ce qui bien sûr la fragilise et la rend quasi inaudible.

Les valeurs traditionnelles, libre entreprise, défense nationale forte, rigorisme religieux, fondent la stratégie politique dominante pour laquelle le mot « réforme » est toujours synonyme d’abrogation, abolition, démantèlement ou privatisation.

Reagan, Bush senior, Clinton et Bush junior, ont patiemment couvert la mise en pièces les principes fondamentaux de la Constitution, jusqu’à déclarer obsolètes les conventions de Genève et à justifier la torture.

2 – Affaires étrangères :

Une vision manichéenne, bon ou mauvais, fonde la réflexion sur les questions internationales. Le simplisme d’une telle position a quelque chose d’atterrant.

Le pétrole justifie la fascination pour le Moyen-Orient et la volonté aveugle d’y imposer l’idéologie US, Israël étant bien sûr considéré comme l’avant-poste de la démocratie dans la région, ce qui justifie l’énorme soutien financier accordé à cet État.

La disparition du communisme en tant que force géopolitique a conduit à trouver de nouveaux prétextes et de nouveaux concepts pour légitimer le bellicisme hégémonique : guerre préventive, États voyous, exportation de la démocratie, guerre globale contre le terrorisme.

Le commerce international apparaît comme un outil de choix pour obliger les nations à s’aligner sur la politique américaine. La mondialisation n’est qu’une astuce langagière pour masquer l’impérialisme des EU. (Et pendant ce temps l’Europe de Bruxelles discutaille et se soumet au diktat…)

Le refus ancien et persistant de reconnaître les lois internationales et la volonté d’imposer les siennes propres va de pair avec ces positions.

La Banque mondiale, le FMI et l’OMC peuvent à juste titre être assimilés à de super ministères US.

3 – La droite religieuse et sa longue marche à travers les institutions

Dès les années 50, le président Eisenhower, cédant à un puissant lobby catholique, a accepté que Dieu soit introduit dans le serment d’allégeance prononcé chaque matin par les écoliers du primaire. Ainsi se sont trouvés amalgamés patriotisme et religion, source d’une lamentable et dangereuse confusion.

Avec Bush junior la substitution d’une théocratie à la démocratie a franchi un pas décisif. Le fondamentalisme chrétien claironné par ce dangereux ignare signe une hallucinante régression de l’esprit.

« Pourquoi cet homme est-il à la Maison Blanche, s’est interrogé un prédicateur dans une réunion de fidèles ? … Il est à la Maison Blanche parce que Dieu, l’a voulu là à une époque comme la nôtre. » Cette époque est évidemment caractérisée par la nécessaire bataille contre les musulmans que l’on ne peut combattre qu’au nom de Jésus.

Nombreux sont les étasuniens pour lesquels la Bible l’emporte sur le gouvernement démocratique et la Constitution elle-même. Nous sommes de plein pied dans le fanatisme religieux que l’on dénonce chez les extrémistes musulmans auxquels on reproche couramment de faire du Coran une référence opposable aux lois d’un État.

Si les modes d’expression diffèrent, les résultats sont identiques, esprit de croisade, intolérance, mépris, sont en facteurs communs. Les uns et les autres peuvent être renvoyés dos à dos.

Parole de Dieu, chaque mot de la Bible est littéralement vrai… Terrifiante exaspération d’un obscurantisme borné qui inspire la majorité des esprits du Parti républicain ! Il faut savoir que George W. Bush a nommé à vie de nombreux juges tant à la Cour suprême que dans des Cours fédérales. Avec la mise sous tutelle durable d’une partie de la justice, cette influence maléfique n’est pas prête de cesser.

(Un extrémisme religieux des plus obtus a trouvé à s’exprimer récemment chez nous en prenant prétexte de l’enfumage que représentait la loi relative au mariage pour tous.)

Le Christ est d’évidence la réponse aux maux de toutes les sociétés. Cela étant, les désastres écologiques sont une bonne nouvelle : ils annoncent le retour du Christ qui ne pourra toutefois se faire que lorsque les juifs occuperont la totalité de la Palestine, puisque l’État d’Israël est l’accomplissement du Contrat entre Dieu et Abraham.

On constate combien la politique étrangère des EU est dominée par de telles inepties. Effrayant, inimaginable, à peine croyable, les périodes les plus sombres de l’histoire de l’humanité sont de retour.

(Ce n’est pas Obama, de plus en plus timoré et empêtré dans de multiples contradictions et reniements – nous connaissons fort bien cela nous aussi -, qui changera grand-chose.)

4 – Assaut contre le savoir et la connaissance

Une forte proportion de la population américaine « n’est touchée ni par l’esprit ni par la lettre de la science. » Majoritaires sont ceux qui croient que le récit de la Création rapporté dans le Livre de la Genèse est littéralement vrai.

La certitude qu’apporte le délire religieux s’oppose au doute, aussi anxiogène que la démocratie ; la révélation est plus convaincante que le lent progrès de la raison.

Dès lors, le créationnisme déborde allègrement les acquis de la science dont il brouille les frontières, il illustre une formidable entreprise religieuse de démolition des connaissances à laquelle la communauté scientifique ne parvient pas à s’opposer. Cette entreprise n’a d’autre finalité que de battre en brèche le pouvoir gouvernemental et de remettre en cause le fonctionnement de la société au profit d’un féodalisme restaurant l’hérédité des privilèges.

Les coups de boutoir contre le darwinisme au nom d’un Dessein intelligent fondent l’amorce effrayante d’un âge de totale déraison.

Le mouvement pour la scolarisation à la maison, consécutif à la dégradation d’une partie des écoles publiques, représente une menace très réelle contre la république et la démocratie car il permet un endoctrinement religieux des plus nocifs, d’autant plus qu’il admet la possibilité pour quiconque de s’instaurer enseignant. Peu à peu la Bible deviendra l’unique référence, fatale à tout esprit critique. Il s’agit d’un véritable crime contre l’esprit, absolument intolérable.

Enseigner ne peut en aucun cas être confondu avec prêcher.

Lorsque la théocratie prend le pas sur la démocratie, le fascisme sonne à la porte. Méfions-nous, soyons vigilants !

(Occasion de rappeler combien, ici en Europe, par la volonté de dirigeants asservis à la finance internationale et aux États-Unis d’Amérique, nous sommes plongés depuis des décennies dans un libéral nazisme : conditionnement massique des esprits, mépris de la démocratie et des institutions, reconstitution de privilèges, barbarie totalitaire inscrite dans le règne des marchés, la traque des minorités, les violences policières, la progression du fanatisme religieux, la pratique de la torture, et le bellicisme tous azimuts. Beaucoup refusent encore de l’admettre, trouvant le propos outrancier. Si outrance il y a, elle ne peut venir que de ceux qui refusent de voir. Il est difficile de co-exister avec la réalité...)

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Une lecture à partir de Pier Paolo Pasolini

25 Août 2013 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Politique, #Résistance, #Culture populaire

Georges Didi-Huberman – Survivance des lucioles (Editions de Minuit, 2009, 142 p., 13,20 €)

Dante, Walter Benjamin et Giorgio Agamben, notamment, sont sollicités pour articuler une réflexion de philosophie politique à partir de Pier Paolo Pasolini.

En 1941 le jeune Pasolini relit la Divine Comédie pour y retrouver non pas la grande luce céleste, mais les innombrables lucciole terrestres. En cette période de fascisme triomphant le regard sur les ombres et les lumières contemporaines importe au plus haut point. « L’univers dantesque est inversé : c’est l’enfer qui, désormais, est au grand jour avec ses politiciens véreux, surexposés, glorieux. Les lucciole, quant à elles, tentent d’échapper comme elles le peuvent à la menace, à la condamnation qui désormais frappe leur existence. » (Soixante-douze ans après, cette phrase n’a pas pris une ride.)

Le 1er février 1975, tout juste neuf mois avant son assassinat, Pasolini publie dans le Corriere della sera un article repris l’année suivante sous le titre « L’article des lucioles », sorte de lamentation funèbre sur la période où les signaux humains furent anéantis par la nuit du fascisme triomphant.

La thèse est que, contrairement à ce que l‘on croit, le fascisme n’a pas été vaincu avec la victoire des alliés. Au contraire, des ruines accumulées est issue une terreur aussi profonde et plus dévastatrice : « le régime démocrate-chrétien était encore la continuation pure et simple du régime fasciste (violence policière ; mépris pour la constitution). »

Dès 1974 Pasolini écrivait : « Le fascisme proposait un modèle, réactionnaire et monumental, mais qui restait lettre morte. Les différentes cultures particulières (paysannes, sous-prolétariennes, ouvrières) continuaient imperturbablement à s’identifier à leurs modèles, car la répression se limitait à obtenir leur adhésion en paroles. De nos jours, au contraire, l’adhésion aux modèles imposés par le centre est totale et inconditionnée. On renie les véritables modèles culturels. L’abjuration est accomplie. » En véritable voyant, il redoutait une société fondée sur la disparition de l’humain favorisée par la dictature industrielle et consumériste. Pour lui, l’émancipation ne pouvait avoir pour seul modèle l’accession à la richesse et au pouvoir.

Comme le souligne l’un de ses commentateurs, Jean-Paul Curnier, « oui, ce monde est fasciste et il l’est plus que le précédent, parce qu’il est embrigadement total jusque dans la profondeur de l’âme… » Pour Pasolini, la disparition des lucioles, ces points de résistance de plus en plus traqués, se manifeste jusque dans la pratique de la culture populaire ou avant-gardiste. En effet, la culture est devenue un simple outil de la barbarie totalitaire inscrite dans le règne marchand et prostitutionnel de la tolérance généralisée.

(Il s’agit d’une véritable apocalypse, effarante prémonition hélas ô combien vérifiée.)

Georges Didi-Huberman poursuit la réflexion en se demandant si les lucioles ont effectivement toutes disparues, ou bien si quelques survivances sont identifiables malgré tout. Il cherche ce qui pourrait désormais nous pousser à refonder notre « principe espérance ».

C’est de notre façon d’imaginer et de faire de la politique que quelque chose pourrait surgir. Prendre la mesure de ce que l’imagination est politique, voilà l’enjeu. La moindre luciole est à saisir comme une lumière pour la pensée. Parvenir à échanger des expériences pour élaborer peu à peu une sorte de matrice philosophique propre à esquisser des voies nouvelles.

L’actuelle lumière aveuglante du pouvoir n’a de cesse de chasser les lueurs vacillantes des contre-pouvoirs. Comme le remarque G. Agamben, « la seule anarchie véritable est celle du pouvoir », celui-ci en effet a instauré comme règle un état d’exception permanent (ce qui est particulièrement vrai depuis les attentats du 11 septembre 2001 et la riposte étatsunienne du Patriot Act, qui voudrait fonder un nouvel ordre mondial sur le contrôle de la planète entière). La « puissance politique » du peuple est désormais réduite à l’acclamation totalitaire qualifiée d’opinion publique, la politique étant réduite à une simple mise en scène (l’analogie avec les manifestations monstres de Nuremberg au temps de la montée en force du nazisme vient à l’esprit. Le libéral nazisme n’est pas une simple vue de l’esprit).

L’auteur conclue sur la nécessité d’organiser le pessimisme en donnant à voir le plus possible d’images-lucioles témoignant de l’existence et de la force des « parcelles d’humanité » que nous cèlent les médias officiels. Il semble que l’on puisse considérer qu’il prononce un éloge des réseaux et des mouvements alternatifs constituant autant de ferments supports d’espoir, pour peu qu’on sache les repérer.

« Nous ne vivons pas dans un monde, mais entre deux mondes au moins. Le premier est inondé de lumière, le second traversé de lueurs. Au centre de la lumière, nous fait-on croire, s’agitent ceux que l’on appelle aujourd’hui … people … sur lesquels nous regorgeons d’informations le plus souvent inutiles. (…) aux marges, c’est-à-dire à travers un territoire infiniment plus étendu, cheminent d’innombrables peuples sur lesquels nous en savons trop peu, donc pour lesquels une contre-information apparaît toujours plus nécessaire… »

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De la banalité : Parler, souvent ne veut rien dire

28 Juillet 2013 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Langage, #Convention, #Silence

Certains épisodes de la vie servent de révélateur. Ils coagulent impressions et ressentis avec une incroyable brusquerie. Rien de tel que le franchissement par un proche de la ligne d’horizon, qui le fait passer du regard au souvenir. L’infini du temps de la disparition se vit à l’immédiat.

Ce phénomène contradictoire rencontre le brusque changement d’état d’un fluide se transformant en solide. Mutation si rapide qu’elle ne laisse que le temps du constat. Le chaos précédent se fige tout à coup, la mue s’impose le temps d’un éclair. « L’éclair illumine toute chose », dès lors qu’il a crevé la nuit noire, le souvenir de l’entre-aperçu se fait premier plan occultant toute autre dimension.

Ce qui était n’est plus, ce qui au mieux était confusément envisageable devient évidence bouleversante. Cette affaire individuelle inopinée déroute aussi bien qui en est le sujet, que tous autres, perdus n’y comprenant rien, ignorants ce surprenant avatar inconcevable parce que su mais non prévisible. Pris au dépourvu, au lieu de se fier au silence, ils s’accrochent généralement aux bouées d’une parole supposée salvatrice alors qu’elle ne témoigne que d’un terrifiant désarroi, d’un absolu dénuement. Les mots les plus convenus passent à portée et s’agrègent aussitôt. Brochettes miséreuses, garnies de clichés, poncifs, lapalissades, platitudes, saupoudrés de conformisme agrémenté d’une bonne pincée de pauvreté langagière.

Que pourraient des mots face à l’immensité de l’inconcevable ?

S’entassent alors les condoléances, le nécessaire temps du deuil, le chagrin, la compréhension pimentée d’évocations de situations analogues, la compassion, si esthétique, les propositions d’aide, instantanément sincères mais sans objet, l’amitié et l’affection, l’une et l’autre jamais sollicitées mais énoncées sans aucune idée de suite, ainsi que le courage, comme si rencontrer une situation incontournable relevait de cette catégorie. Des mots mal enchaînés succèdent aux mots qui engendrent d’autres mots toujours aussi dénués de sens. Poupées russes alignées sur les étagères de la pensée en tube.

Parfois, d’autres tentent une diversion. Ils abondent des sujets courants, comme si rien n’était. Louable effort logorrhéique dont personne n’est dupe. Banalité inopérante, totalement inutile.

Les mots font obstacle, ils réduisent, catégorisent, enferment, polluent, s’opposent à tout intérêt. Ils désespèrent l’écoute. Ils transhument.

Parler, alors, sépare gravement.

A l’indicible ne pourraient tenter de correspondre que silence (habité), parfois musique, ou nuances colorées.

Bénéfique fulgurance de l’intransigeance !

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"La deuxième droite", un livre impitoyable et décapant

8 Juillet 2013 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Politique, #Gauche, #PS

A l'heure où le bavardage et les banalités l'emportent, la lecture d'un livre impitoyable, terriblement décapant, est fort bienvenue :

Jean-Pierre Garnier & Louis Janover – La deuxième droite (Contre-Feux – Agone – 2013, 316 p., 20 €)

Cette analyse minutieuse de l’ère Mitterrand ne laisse rien dans l’ombre des compromissions et des faux-semblants du PS et de ses satellites au pouvoir.

L’arrivée de François Hollande ne fait que confirmer une évidence : dès les années 80, les socialistes oublieux de leurs origines se sont employés à prolonger les lignes de la droite traditionnelle. Ils sont devenus les « fossoyeurs du socialisme ». L’adaptation patiente et méticuleuse de la société française au nouveau stade du capitalisme, qu’ils ont conduite sans rechigner, en fait des alliés zélés de la droite officielle. La soi-disant opposition droite-gauche ne porte plus désormais que sur des apparences propres à duper ceux qui veulent bien l’être. Elle ne porte plus que sur la « manière de gérer le système capitaliste (et sont) d’accord pour n’en pas toucher les fondements ». Le « socialisme des responsabilités » est vite devenu le « socialisme de la médiocrité, (celui qui) fait de la reproduction du capital l’horizon indépassable de notre temps ». Remarque indiscutable à l’examen des faits. Remarque valable non seulement pour l’ère Mitterrand bien sûr, mais également pertinente pour ce qui concerne les multiples pas de deux de l’actuel Président.

Les auteurs reprennent et dissèquent avec un scalpel souvent trempé dans l’acide les liquidations auxquelles les socialistes ont procédé avec l’aide des intellectuels rangés des errements de mai 68 (« la domesticité des écrivains et des artistes »). Pour eux, mai 68 ne fut qu’une façon radicale de secouer le cocotier sans chercher à l’abattre.

L’ironie amère qu’ils manient volontiers ne rend pas moins douloureux leur constat :

« Le bilan du premier plan quinquennal de liquidation du socialisme … est globalement positif : restauration du taux de profit, réhabilitation de l’entreprise, épousailles de la « France qui pense » et de la « France qui gagne »… de l’argent, fin du divorce Nation-Police-Armée, neutralisation des syndicats, marginalisation du PC, vassalisation de l’intelligentsia, consensus autour du nucléaire, renforcement de la solidarité atlantiste contre le péril rouge, consolidation de la présence française en Afrique… »

Le PS, qualifié de deuxième droite, soi-disant « moderniste », s’emploie résolument à faire en sorte que tout bouge apparemment, pour que rien ne change en profondeur. Cette notion de modernité n’est en fait qu’un leurre destiné à faire admettre n’importe quelle décision propre à permettre l’adaptation du capitalisme : « restructuration économique, innovations technologiques, réaménagements institutionnels, recompositions sociales, réajustements politico-idéologiques, rénovation culturelle… » L’exemple de la décentralisation, qui, « sous couvert de consultation démocratique, (n’est qu’un moyen pour) faire avaliser un diktat gouvernemental par les notables des collectivités locales » est une bonne illustration de ces menées.

Depuis 1986, « la gauche a cessé d’exister comme force politique en France ». Laurent Fabius, Pierre Mauroy, Michel Rocard, Jean-Pierre Chevènement, Lionel Jospin, Serge July, Jean Daniel, Edmond Maire, Henri Weber, Régis Debray, et quelques autres bonnes pointures, ainsi que les « danseuses écologistes » (les récents développements de la confusion gouvernementale justifient amplement aujourd’hui encore ce qualificatif), ne trouvent aucune grâce aux yeux des auteurs. Ils sont soigneusement étrillés à partir d’une lecture accablante de certaines de leurs déclarations.

La collaboration Mitterrand Séguéla, « vrai événement culturel », a conforté la démocratie en tant que représentation anesthésiante permanente entretenue par les techniques de communication, outil de démagogie assistée par ordinateur grâce auquel on peut désormais parler « pour ne rien dire, pourvu qu’on le dise bien. »

A la lecture une remarque s’impose : la deuxième droite va sans cesse plus loin que la première, dont elle parachève les menées. L’exemple de la première année de Hollande au pouvoir, où la soumission aux actions et décisions de l’ère Sarkozy est patente (Europe, droit du travail, bouc émissariat des immigrés, abandon des mesures fiscales annoncées, etc.), est exemplaire à ce sujet.

Face aux nécessités de la rigueur, quelques gâteries peu onéreuses sont offertes au bon peuple afin de prévenir toute réaction intempestive de sa part : suppression de la peine de mort, naturalisation de quelques artistes étrangers exilés en France, tirades tiers-mondistes (« illusion lyrique »), (aujourd’hui mariage pour tous et exception culturelle...).

L’évocation de l’émergence et du rôle d’une nouvelle catégorie sociale, celle de la petite bourgeoisie intellectuelle, en gros les Bobos et la gauche caviar, est fort intéressante. Véritable roue de secours du système, ils occupent une place stratégique permettant aux tenants du pouvoir de se maintenir en place. (Les réflexions de Jeremy Bentham sur l’intérêt de conférer du pouvoir aux subalternes viennent ici naturellement à la pensée.)

Alors qu’elle a longtemps prétendu vouloir modifier l’ordre mondial existant, la gauche socialiste devenue deuxième droite, ne cesse de s’y soumettre. Persévérer à croire que quelque chose de fondamental la sépare de la droite officielle relève de l’erreur tragique ou de l’aveuglement le plus désespérant.

Parler du PS comme d’un parti de gauche n’est à l’évidence qu’un abus de langage pour désigner un parti de droite profondément marqué par ses complexes névrotiques, mais néanmoins résolument déterminé à agir dans le sens de l’aménagement durable du système dominant qu’il prétend abusivement vouloir combattre, uniquement pour tenter maladroitement d’entretenir la confusion.

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"La voix du vent", un film à ne pas manquer !

3 Juillet 2013 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Biodiversité, #Permaculture, #Mouvements alternatifs, #Défense du vivant

Il en fut déjà question sur ce blogue, il y a quelques mois.

Ce film magnifique tant par son contenu que par la beauté des images est désormais aisément consultable à l'adresse

http://vimeo.com/mosaicproject/lavoixduvent

Une patiente déambulation du Luberon à l'Andalousie, à la rencontre de personnes ou de groupes tentant de vivre autrement et de démontrer qu'un autre monde est possible pour peu que l'on prête attention à notre environnement et à nos congénères. Findhorn et les Libres enfants de Summerhil en filigrane lointain, revisités. L'utopie n'est pas morte, elle se porte plutôt bien. Est-il encore temps, sera-ce suffisant ? Des graines germent ça et là, soyons attentifs !

Film militant, certes, mais bien au-delà des polémiques habituelles. Film tranquillement sûr de soi.

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Marseille-Provence Capitale de la Culture, pas de place pour les artistes œuvrant sur le territoire !

24 Juin 2013 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Marseille 2013 - Conseil Général BdR

 

Sélectionné pour participer au Salon de Montrouge 2012, Alexandre Diot – alias Mr Post – est un artiste qui comme beaucoup d’autres affirme son sillon avec autant d’opiniâtreté que de difficulté.

Il travaille à Marseille, deux galeries (Paris et Marseille) suivent régulièrement son travail.

Une exposition prévue ce printemps lui a offert l’occasion de tenter de faire le point sur le parcours réalisé depuis sa sortie de l’Ecole des Beaux-arts, il y a un peu plus de dix ans. Encouragé par quelques amis, artistes et amateurs, il a conçu et réalisé un livre-catalogue pour cela.

Ainsi que la plupart des adeptes des arts plastiques, il a naïvement cru que Marseille Capitale de la Culture 2013 permettrait de mettre en valeur la diversité et la foisonnante richesse des artistes œuvrant dans le grand delta. Quelle bourde !

Force est de constater que ce qui est proposé au public tient à la fois de la célébration historique la plus traditionnelle et de l’indigente pantalonnade internationale contemporaine des installations et vidéos à consommer sur place, ou bien de l’art institutionnel, véritable art d’élevage engraissé depuis des années dans les mangeoires des Fonds Régionaux d’Art Contemporain. Il s’agit aussi parfois de divertissements détournant le propos (la Grande Transhumance en est un bel exemple).

L’ignorance flagrante des forces vives innervant le territoire est sidérante, totalement inadmissible. Elle ne peut s’expliquer que par la présence aux manettes de minus ou de truands.

A en croire les expositions aixoises et marseillaises autour du Grand atelier du Midi, il ne s’est plus rien passé ici d’important depuis la fin des années 1950.

« Bizarre, vous avez dit bizarre… »

Pour l’important outil de promotion personnelle qu’est ce livre-catalogue Mr Post-Alexandre Diot a malgré tout déposé une demande de subvention auprès du Conseil Général des Bouches du Rhône, selon les procédures habituelles. Il ne lui restait plus alors qu’à attendre le bon vouloir de décideurs drapés dans le confort de leur statut de commissaires politiques et l’idée néfaste qu’ils se font de leur importance comme de leur compétence.

Comme il y avait urgence, une exposition prévue début mai alors que le Conseil Général des Bouches-du-Rhône ne se prononçait que courant juin, confiant il a avancé les fonds pour faire imprimer l’ouvrage tout en prenant soin d’avertir ses interlocuteurs. Il supposait ingénument qu’un des acteurs institutionnels de la Capitale de la Culture 2013 saurait l’épauler peu ou prou.

Dossier bouclé en bonne et due forme, nulle remarque à sa réception, il ne convenait plus que de s’en remettre à une administration muette et omnipotente.

Las, erreur fatale, notre artiste n’est pas passé par un éditeur dûment patenté, il a eu l’audace de réaliser son livre avec seulement quelques concours bienveillants non labellisés. Résultat : macache, pas un kopeck, pas un maravédis, circulez et fermez la !

Scrogneugneu !

Affirmé incontournable a posteriori le « règlement » déclare qu’un jeune artiste ne peut prétendre à une aide publique que s’il est parvenu à d’abord convaincre un éditeur de s’engager pour lui… Comment obtenir un soutien éditorial sans une notoriété déjà établie, le « règlement » ne le précise pas !

Certes, les subventions ne sont en aucun cas un droit, mais pour justifier le fait du Prince que l’on ait au moins le courage de ne pas se défausser avec bassesse ! Sans doute est-ce trop demander aux marauds, faquins, butors de pied plat ridicules qui se gobergent dans les allées du pouvoir !

Aucun doute possible, la rigueur est un dogme dans les Bouches-du-Rhône où les combines et les réseaux d’influence sont parfaitement inexistants, personne ne saurait en douter !

En plus de la contribution personnelle qu’il avait normalement prévue, notre ami doit donc débourser 2 500 €, somme évidemment considérable pour lui.

Comment l’aider ?

- En lui commandant son livre-catalogue « Mr Post – Ecritures mêlées » (78 pages, 67illustrations) : 22 € (18 € + frais de port 4 €).

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BULLETIN DE COMMANDE

à adresser à Alexandre Diot, 36 rue Lautard – 13003 Marseille

M., Mme ……………………………………………………………………..

Adresse……………………………………………………………………….

……………………………………………………………………….

……………………………………………………………………….

Souscrit à ……… exemplaire(s) de Mr Post, Ecritures mêlées, au prix de 22 € chacun (18 € + frais de port 4 €).

Et joint un chèque de ……… € à l’ordre de Alexandre Diot.

A ……………………, le…………………

Signature

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Marseille-Provence Capitale de la Culture,  pas de place pour les artistes œuvrant sur le territoire !
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Ces gens là (Brèves 17)

15 Juin 2013 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Société ; Religion

Ils parlent.

Ils parlent d’abondance. Ils taisent l’essentiel. Ils taisent le vrai.

Formules standard, pensées fardées.

De la pensée en tube et des mots à jeter.

Vite, vite, ajouter au chapitre des torche-culs.

Religion des imbéciles (Brave, très brave Henri Monnier)

Baiser de Paix ? Piteux pitres pitoyables !

Mon cul sur la commode !

Ils ne comprennent pas ce qu’ils disent. Ils essoufflent le répertoire le plus poussiéreux.

Ils s’époumonent, trompettes bouchées.

Ils se croient importants, prennent la pause et se confortent.

Ils vont jusqu’à donner des conseils.

Spécialistes de leur spécialité, ils savent.

Au cul la vieille, c’est l’printemps !

Ils sont usés jusqu’à la corde, éculés, élimés, éliminés, éliminables. Moisis.

Minables miséreux, handicapés culturels, handicapés affectifs.

Victimes d’eux-mêmes. Victimes consentantes, victimes génitrices. Ectoplasmes !

Ils ont peur des mots, jamais un gros mot, les con-venances toujours,

ce qui se fait, ce qui ne se fait pas.

Important, ne pas déroger. Minauderies.

La raie bien à droite, toute,

chauves à l’intérieur de la tête (merci Jacques Prévert, tu visais juste),

camouflés de moumoutes, liftings et brushings. Poupées Barbie de l’a-pensée.

Les chromes de la bagnole, les chromes de Madame.

De l’or, de l’or pour Monseigneur !

Équipements de brousse, équipements de bouse.

Crasseux dedans, ils sont lissés, polis, policés, miroitants.

Chics, jolis et précieux. Précieux ridicules !

Ils sont soumis, proprets, des plis partout. Bien pliés, très présentables. Tirés à quatre épingles.

De vrais paquets cadeaux. Prêts pour le défilé. Cantiques ! Liturgie !

A chier. A la trappe, sacrebleu !

Mère Ubu, à l’aide !

Pour eux parler ne veut rien dire. Parler n’est qu’un réflexe, un automatisme.

Parler n’engage à rien.

Que nenni, langage oncques jamais n’engage !

- What do you read, my Lord ?

- Words, words, words.

Bla, bla, bla…

La chasse est ouverte, mais les perdreaux sont rances ! Feu à volonté !

Imposteurs !

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