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Epistoles-improbables - Blogue-notes de Jean Klépal
Articles récents

Artistes, amis, en vrac

3 Juillet 2021 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Philippe Jaccottet, Paul-Hean Toulet

Ainsi, le sous-titre du recueil de textes de Philippe Jaccottet publié par La Dogana/Le Bruit du temps en mars 2021, quelques semaines après la disparition du poète.[1]

Ces textes, objets de commandes ou issus du hasard de rencontres, de 1956 à 2008, sont regroupés sous le titre générique Bonjour, Monsieur Courbet, intitulé du célébrissime tableau conservé au Musée Fabre de Montpellier. Représentation de la rencontre d’une banale simplicité entre le peintre et son mécène, ce tableau déchaina des hourvaris lors de sa présentation au Salon de 1854. Faire du quotidien le plus anodin le sujet d’une œuvre d’art, quelle audace impie ! 

Placer aujourd’hui une publication ultime sous ce patronage ne peut qu’avoir valeur de manifeste. A l‘évidence.

Modeste, attentif, très respectueux de l’humble familiarité des choses, des scènes et des personnes, Jaccottet nous livre le trésor de ses petits riens. Le livre requiert une fréquentation non intrusive, il est à déguster à petites lampées. Suivons la recommandation de Paul-Jean Toulet et savourons :

Dans Arles, où sont les Alyscamps,
Quand l’ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,

Prends garde à la douceur des choses.
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton cœur trop lourd ;

Et que se taisent les colombes :
Parle tout bas, si c’est d’amour,
Au bord des tombes.

D’emblée, l’auteur nous indique par l’agencement de ses textes  combien il convient de se garder des tonitruances de l’actualité et de la mode, comme des faux-semblants intellectualistes. La porte romane (XIe et XIIe siècles) de San Zeno, à Vérone, et Le Baptême du Christ de Piero della Francesca nous introduisent à ce qui va suivre.

Il y a là deux indices très forts rappelant la primauté absolue de l’intemporel, de l’authentique, sur les artifices des  bateleurs de l’Art.

Les textes, oserai-je les articles, sont brefs, ajustés, presque des notes parfois.

L’écriture économe s’approche curieusement de l’économie picturale de G. Morandi, qui avec très peu montre l’essentiel. Qui fait resplendir la pauvreté. (Ph. Jaccottet parle très bien de lui, comme de Giacometti, comme de tous les artistes suisses attirés par la Drôme et Grignan)

Avec une constante subtilité, Jaccottet nous parle de la peinture (ce qu’elle provoque, ce dont elle est l’occasion), et non de peinture (la technique). C’est parfait, c’est avant tout de cela qu’il convient. Il aime ce dont il parle, il aime ceux dont il parle. Il découvre, avec une joie curieuse de tout ce qu’il rencontre. Loin, très loin, des pédanteries savantes.

Plus que de peinture, de photographie, de sculpture, c’est de mode de vie, de relation au monde, d’attention au détail, d’amitié,  de connivence, qu’il s’agit.

L’art, la relation avec des artistes, stimulants majeurs !

Un livre délectable. De plus en plus rare.

 

[1] Philippe Jaccottet, Bonjour, Monsieur Courbet, La Dogana/Le Bruit du temps, 160 p., 39 €

Artistes, amis, en vrac
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Jeff Koons au Mucem

20 Juin 2021 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Jeff Koons, Salvador Dali, Mucem, François Pinault, AOC

Une fois les limites dépassées, il n’y a plus de limite. L’Art Contemporain financier international d’Etat est invasif, après Versailles, le Mucem ! Bientôt le Vatican, les pyramides de Guizèh ou le site de Delphes ?

La confusion qui mène le monde conduit les musées à ne plus savoir ce qu’ils sont, ce qu’ils font. Lieux de conservation, d’entretien et de célébration d’une mémoire vive, au contraire de cénotaphes, ou bien lieux de consécration des vedettes éphémères du star system dont ils deviennent un des tiroirs caisses ?

Moderne précurseur, Salvador Dali, artiste qui n’avait que du talent,  a su donner la primauté à l’avidité financière. Aujourd’hui, l’Art financier Contemporain ne se soucie même plus de talent. Il sait par contre mobiliser nombre de Trissotins chargés de faire la claque pour clamer l’indiscutable valeur des pacotilles dont il inonde le marché, asphyxiant avec l’aide des institutions dites des affaires culturelles tout ce qu’il tient à l’écart. Ces triples sots moliéresques emploient souvent un langage pseudo intellectuel, pseudo savant, pour habiller leurs âneries.

AOC « quotidien d’idées, quotidien d’auteurs », qui « entend prendre de la hauteur en publiant des textes qui visent autant que possible à faire autorité et à structurer le débat», diffusé sur Internet, vient d’héberger une ébouriffante contribution d’un certain Thierry Grillet, directeur des affaires culturelles à la BNF, se présentant par ailleurs comme écrivain et essayiste. Sous un titre pompeusement racoleur, Ethnologie de l’art néo-pop, il s’agit de vanter les mérites de Jeff Koons à l’assaut du Mucem de Marseille.

Parcourons ce très délicieux apport à l’histoire et à la compréhension de l’art de notre temps. Dès les premières lignes l’auteur nous décoche un uppercut grâce à la confrontation de Bqlloon Dog et Travel Bar avec des objets de la collection du Musée. Le délire extatique nous prend aussitôt : « qui aurait imaginé que de telles rencontres, peut-être encore plus surréalistes que celle « fortuite sur une table de dissection d‘une machine à coudre et d’un parapluie » (Lautréamont en 1869) eussent pu avoir lieu ? »

Vient immédiatement ensuite la louange des collections Pinault et du rôle majeur qu’elles jouent dans la connaissance de l’art et des artistes. Il s’agit d’un rendez-vous entre une « star » première grandeur de l’art et une « multitude de fantômes aussi créatifs qu’inconnus » (sic). Le mot procédé échappe au passage. Il s’agit en effet bien de cela, un trucage, une manipulation, l’emploi d’un couteau suisse permettant la durabilité de l’effet de surprise qualifié de démarche artistique destinée à réformer la perception de visiteurs assoupis par un désolant conformisme (« Ce télescopage entre le goût d’un artiste pop et ces objets inattendus va-t-il nous laver les yeux… ? »). Le mépris à l’égard de l’existant apparait comme une valeur cardinale puisque louange est faite de l’artiste qui « se meut dans la collection et rassemble autour de chacune de ses œuvres des ensembles variés de pièces, sans considération pour leur place dans l’histoire technique et fonctionnelle de l’objet. » Nous voici ainsi revenus à la glorieuse période de la prédation coloniale.

Sans aucune crainte du ridicule, notre brillant essayiste va jusqu’à comparer la démarche d’un opportuniste cupide à celle d’un visionnaire : « Jeff Koons reproduit peut-être au Mucem, en chambre en quelque sorte, l’expérience qu’ont vécu Picasso et les peintres cubistes au début du XXe siècle lorsqu’ils ont « rencontré » ce qu’on appelait alors l’art nègre. » 

Suit un redoutable parallèle entre Georges-Henri Rivière, le fondateur de la collection des Arts et Traditions populaires, et François Pinault, glorieux mécène « qui collecte les œuvres d’artistes hors sol ». Cerise sur le gâteau, pour faire bonne mesure, le cuistre inscrit la démarche de François Pinault, personnalité bien sûr strictement passionnée par l’Art, dans le sillage de penseurs et d’artistes « de Marx à Debord, en passant par Perec, etc. ».

A ce moment du discours jaillit la révélation inattendue, folle, l’Eureka, l’épiphanie porteuse d’une lucidité imparable : « Jeff Koons ne nous suggère-t-il pas avec insistance que ce monde joyeux, autorisé en quelque sorte par la démocratie, pourrait lui aussi disparaître ? » Ouaouh ! Koons, Pinault,  le thuriféraire, et leurs semblables, veillent pour nous en dépit des errances de la démocratie!

Comme il ne saurait être question de finir sur ce constat pompeux, l’auteur nous gratifie in fine de remarques d’une pertinence confondante: « Sur les surfaces d’acier des œuvres parfaitement polies de l’artiste, c’est l’homme regardant qui se trouve réfléchi et présent dans l’objet. Que dire, pour finir, de tous ces objets gonflables qui inspirent tant l’artiste ? Ne conservent-ils donc pas précisément la partie la plus vitale, celle qui fait vivre les hommes – le souffle, c’est-à-dire l’esprit ?  Il faut être d'une servilité exemplaire pour se réjouir que dans les milieux officiels, quel qu'en soit le tropisme, la pensée ne soit plus que du vent.

(Etre écrivain et essayiste ne va pas de soi, n’est pas donné à tout le monde.)

Pour Koons et le Mucem, là aussi urgent de s’abstenir. Hygiène, distanciation, gestes barrière…

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Elire ou voter ?

14 Juin 2021 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Démocratie, dictature, démocrature, 1793, lraux Le temps du mépris

Question apparemment surprenante tant les mots, pris indifféremment l’un pour l’autre, sont affadis et dénaturés.[1] Et pourtant. Elire, c’est désigner quelqu’un parmi divers prétendants ; voter, c’est manifester une volonté à respecter et à faire respecter.  Ceci posé, il est clair que les citoyens n’ont jamais été invités à voter, mais toujours à élire les maîtres auxquels ils devront obéir aussitôt dissipée l’euphorie instantanée ; il est clair qu’à tomber dans le piège des élections ils se desservent eux-mêmes.

Si l’on en croit les esprits binaires pour lesquels aucune nuance n’existe entre le blanc et le noir, la France serait évidemment une démocratie dans la mesure où elle n’est pas encore une dictature avérée. De fait, le système confiant durablement le pouvoir à quelques personnes interchangeables, fondé sur des élections toujours biaisées par d’astucieux découpages de circonscriptions et des modes de scrutins arrangés, dans lequel nous baignons depuis les origines de la République, fait que nous sommes dans une démocratie inégalitaire autoritaire en voie de fascisation. Une démocrature dont les ordonnances, l’état d’urgence  instillé dans la loi courante, les violences policières, le chômage de masse, et la discrimination, forment l’ossature. Continuer à parler de démocratie, même à l’état gazeux ( !), pourrait relever d’une indigence mentale.

Le suffrage universel entretient une illusion de choix électoral, les pseudo-opposants ne permettent que de différer la survenance de la catastrophe ouvertement liberticide. A moins de cécité absolue, leur collusion de fait apparaît désormais au grand jour : un Ministre de l’Intérieur peut se joindre à des policiers manifestant contre le Parlement et le Département de la Justice, la séparation des pouvoirs ayant perdu toute valeur, tandis que le Président de la République fait silence. Les dirigeants du PC, du PS, et des Verts, se joignent à la manifestation, perdant ipso facto toute légitimité, sans craindre de publier leur duplicité, sachant qu’elle sera noyée dans l’absence de vigilance et de sens critique.

Alors que les classes dirigeantes colonisent l’opposition parlementaire par le jeu des origines et des formations communes,  le peu d’opposition démocratique subsistant vaille que vaille est muselé par la limitation de l’accès aux tribunes officielles, une presse aux mains de la puissance financière, une parole annihilée sous prétexte de complotisme. L’expérience a démontré que l’alternance au pouvoir est totalement dénuée de péril pour l’oligarchie en place.

Le mythe de la souveraineté populaire sert à masquer très imparfaitement l’injonction faite aux citoyens de déléguer tous pouvoirs à des potentats et roitelets locaux, régionaux, et nationaux. Les citoyens ne gèrent pas, ne sont pas autonomes, ne peuvent prendre aucune initiative susceptible de déboucher sur une législation nouvelle. De surcroît, ils n’ont aucun droit de contrôle de l’activité de leurs « représentants », libres d’agir comme bon leur semble, une fois élus.

1793 a permis l’édification d’une démocratie monarchique de droit  constitutionnel électif en lieu et place d’une monarchie de droit divin. La Constitution de la Ve République répond parfaitement à cette exigence.

Quel constat face à ce tableau lamentable ?

A. Malraux a écrit en 1936 un ouvrage intitulé Le temps du mépris. Nous  sommes depuis lors dans ce temps, jalonné notamment depuis la fin de la seconde guerre mondiale par le dédain gaullien, la morgue mitterrandienne, la démagogie crapuleuse chiraquienne, la vulgarité sarkosiste, le mépris macronien.

Quoi d’étonnant alors à constater l’ignorance crasse, la crédulité, la paresse intellectuelle d’un bien trop grand nombre de nos concitoyens, abrutis par un système d’enseignement soigneusement inefficace, quotidiennement laminés par le matraquage médiatique, entretenus dans la peur du lendemain, des périls divers, d’une contagion mondiale, la méfiance de l’autre, etc.?

Elire, voter ? Le problème est ailleurs, la question est devenue sans objet. Ainsi posée, tenter d’y répondre par le dépôt d’un bulletin dans une urne ne peut que confirmer l’existant dans son être, chose impensable, viscéralement inadmissible.  Perpétuer les mêmes rites mensongers  n’est plus possible !

La question serait, s’il en était encore temps, celle d’un changement radical de paradigmes, Nature et règles du jeu à totalement refonder, rien n’est sauvable du marché de dupes permanent !

 

[1] Le lecteur pourra se reporter avec intérêt à l’article de Gérard Volat paru dans Médiapart le 5 juin2021 :

Le mot démocratie : la plus importante des fake news ?                                                                               

 

 

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Devis gratuit

6 Juin 2021 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Masada, A.Gide, P. Eluard

La période actuelle est désespérante, à bien des égards. Les raisons de craindre, de se lamenter, de se révolter même sont si nombreuses que les énumérer serait fastidieux. Il est clair que tout va à vau-l’eau, la capacité individuelle de réaction n’est qu’une illusion. Les dés sont jetés, nous courons à notre perte. Tout espoir est vain l’inéluctable catastrophe est notre avenir commun.

Alors ? Baisser les bras, se brûler la cervelle, organiser un suicide collectif, comme jadis à Masada ?

Que nenni !

Grâce à la magie de l’Internet, les courriels imprévus porteurs d’annonces mirifiques, me parviennent régulièrement, comme à chacun. Ce qui paraitrait déplaisant aux esprits grincheux est au contraire parfois délicieux ; la Révélation peut se calfeutrer au détour d’une proposition quelconque. Une attention précise est constamment requise, très bénéfique exercice d’hygiène mentale et d’entretien de la vigilance. Peut-être pourrait-on aller sans crainte de contredit jusqu’à trouver à ces messages des vertus de vitamines de l’esprit. La publicité serait alors une thérapie sociale des plus enviables.

Témoin cette annonce à la délicatesse sans égale : « Obsèques, devis gratuit sans engagement ».

Quelle générosité, quel respect d’autrui, quel amour de son prochain ! Peut-on faire plus délicat ? Voici qui détonne heureusement en ces temps de prétendue barbarie financière mondialisée quotidienne !

Obsèques : Loin d’occulter naïvement la présence permanente de la mort, cette proposition l’admet, et la rend tout à fait supportable, car elle tend à en alléger la perspective et le poids. Puisqu’il faut en passer par là, rendons banal cet épisode si répandu en facilitant sa pratique, en allégeant ses conséquences immédiates. De quoi s’agit-il dès lors, sinon d’altruisme ? Parler de générosité et d’ouverture d’esprit n’est que reconnaitre l’évidence du fait. Qui oserait prétendre le contraire ?

Devis gratuit : Tout se paie, tout a un coût, la gratuité relève de l’utopie ou de la déficience mentale, prétendent certains. Et là, précisément, des gens sont prêts à travailler sans rémunération, exquis pied de nez aux pisse-vinaigre. Toutefois, convenons qu’à trop y réfléchir, l’annonce pourrait se révéler subversive. Quel piège attentatoire à l’ordre établi se cacherait dans une formule apparemment aussi anodine ? Diantre, foin du complotisme ambiant si néfaste à la marche du monde, arrière messieurs les défaitistes déclinologues ! Faisons confiance à la générosité fondamentale de la nature humaine, soyons rousseauiste ne serait-ce que l’espace d’un instant, l’intention est louable, vive le versant ensoleillé du mot à mot ! Nous sommes à mille lieues de l’acte gratuit gidien.

Sans engagement : A ce point précis, il convient de rendre les armes. Plus aucun doute n’est permis. Le désintéressement et l’humanisme l’emportent. Non seulement, il ne nous est pas demandé de nous engager à mourir, mais, si  nous nous laissons aller passivement à cette extrémité, notre totale liberté du choix du moment demeure inébranlée. Liberté, j’écris ton nom déclarait Paul Eluard, il aurait pu signer sans barguigner cette ébouriffante annonce publicitaire.

Que tant de contenu, de générosité, d’abnégation, d’amour du prochain quel qu’il soit, d’où qu’il provienne, soient contenus dans cinq mots simplement accolés, a de quoi confondre toute réserve, toute opposition à l’ordre établi,  toute inquiétude face à l’avenir. La bestialité des brutes insensibles auxquelles nous pourrions parfois être tentés de nous croire confrontés n’a plus aucune raison d’être invoquée. Un chevalier blanc nous protège.

Le monde est beau, le monde est pur, il resplendit, louons le rédacteur anonyme capable de chanter la bonté et, ce faisant, de  nous enchanter.

Gaudeamus igitur.

 

 

 

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Peindre à l'aquarelle

1 Juin 2021 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Aquarelle, Dürer, Turner, Cézanne, Klee

Peindre à l'aquarelle

Un dialogue épistolaire, de novembre 2019 à juillet 2020, entre un peintre à l’aquarelle et un amateur attentif.

Un livre imprimé en mai 2021, format 21 x 30 cm (à l’italienne), 72 pages, 29 illustrations en couleur, tirage limité à 100 exemplaires hors commerce, édition A2.

Pour se procurer l’ouvrage, écrire à Alain Sagault 15 digue P. Garcin04400 Barcelonnette (joindre un chèque de 26 €, envoi compris).

 

L’aquarelle, de quoi s’agit-il au juste ?

L’aquarelle, peinture à part entière, source de révélations, pourvoyeuse de libertés

Peindre ses émotions

Saisir la pureté de l’instant

Vivacité de l’improvisation exigeant une grande maitrise

Approche de l’évidence

Tentative du peu pour accéder au tout, à l’excellence, à l’exquis, pour oser essayer de confronter le limité à l’illimité

Des références prestigieuses : Dürer, Turner, Cézanne, Klee

Une ambition ridicule et sublime

Aquarelle et musique

Chercher à concilier rigueur et liberté

Des questions, des interrogations, sans cesse, multiples, toujours ouvertes, bien plus intéressantes que la clôture des réponses

 

C’est la septième fois, toujours aussi inattendue, toujours aussi passionnante, que nous commettons un ouvrage ensemble.

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Avis de parution imminente

22 Mai 2021 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Jean Klépal, Suzanne Hetzel, Arnaud Bizalion

L'appartement, l’art, les artistes, les amis

Texte et photographies : Suzanne Hetzel

Depuis plus de 50 ans, la vie de Jean Klépal est jalonnée de rencontres avec des artistes, l’amitié qui nait, et leurs œuvres qu’il acquière au fil des visites d’atelier et d’expositions. Suzanne Hetzel séjourne plusieurs semaines chez lui  pour découvrir les lieux, les œuvres et l’homme. Par la photographie et l’écrit, elle aborde la relation entre les œuvres et des objets du quotidien, un aspect de l’art des années 70 à nos jours, mais aussi les maîtres anciens de la peinture.

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LE LIVRE : 19 x 24 cm, 112 pages, 50 photographies en quadrichromie. Impression sur Arena Smooth blanc 120g. Dos carré cousu collé. 

Date de parution : 10 juin 2021

Pré-commande directe : Arnaud Bizalion, éditeur, Arles   editeur@arnaudbizalion.fr

27,00 €

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Incertitudes, désappointement

14 Mai 2021 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Julien Gracq, Baudelaire, Commémorations,, Elections départementales et régionales, Déconfinement, Loi climat, Bruno Latour, Gaza-Israël

 

Ce mois de Mai peu propice à la joliesse printanière car pluie, vent, froidure le caractérisent, est loin d’être joli jusqu’à présent. Alors tout va à l’encan, tout rivalise dans le désappointement.

Lectures d’abord :

- Le forme d’une ville, réflexions de Julien Gracq septuagénaire, à la rencontre de ses souvenirs de lycéen. Nantes, son passé, sa structure, ses changements, ses laisser-aller, font la trame de ce livre séduisant et décevant à la fois. La séduction tient au style incomparable de ce remarquable prosateur, qu’il convient de lire à petites lampées pour en savourer toutes les subtilités et l’élégance permanente ; la déception procède de la même origine. Julien Gracq me donne l’impression de s’abandonner sur le tard à un excès de virtuosité proche de la préciosité. J’ai déjà éprouvé ce même sentiment à la lecture d’œuvres posthumes tout juste publiées. Ecrivain parfait il aurait peut-être fini par manquer d’exigence à son propre égard. Mais tout ceci n’enlève rien à l’auteur du Balcon en forêt et du Rivage des Syrtes.

- Baudelaire, Les fleurs du mal et Le spleen de Paris. A vrai dire, je n’avais jamais vraiment lu ces ouvrages Tout justes parcourus à grande enjambées. Eh bien, cette fois encore. L’un après l’autre, oserai-je l’avouer, ils me sont tombés des mains, ils m’ont fatigué les yeux. Le scandale des Fleurs du mal, comme c’est loin tout ça, devenu totalement exotique. Et la forme poétique à la métrique rigoureuse, corsetée, désormais infréquentable. Les poèmes en prose du Spleen ? Oui, simple intérêt historique, très réel cependant. De la littérature littéraire, beaucoup trop. Des gloires passées comme des couleurs délavées, des bouquets fanés, du second rayon.

Commémorations ensuite :

- Nausée napoléonienne. Les deux héros tutélaires de la France, Louis XIV et Napoléon, sont deux nuisibles de première grandeur, nous pourrions dire aujourd’hui deux dictateurs des plus avides. L’un a entamé le déclin de la France avec l’appauvrissement et la soumission des provinces grâce à la centralisation versaillaise, ainsi qu’avec la Révocation de l’Edit de Nantes, qui fit la fortune des pays voisins. L’autre a anéanti les acquis de la Révolution, a saigné la nation, réinstallé l’esclavage, rétabli l’Ancien Régime en créant une noblesse nouvelle, nié les droits de la femme, n’a eu de cesse que d’enrichir les membres de La bande à Bonape, véritable groupe de gangsters mafieux faisant main basse sur l’Europe.

- Béatification insensée du Couple Mitterrand-Lang, chantres de l’audace culturelle, dont les artistes non complices n’ont pas fini de payer l’addition. Il est vrai que par rapport à l’électroencéphalogramme plat du Ministère de la Culture depuis lors…

- Débat lamentable autour de l’éventuelle panthéonisation de Gisèle Halimi, exceptionnelle avocate de la cause des femmes, à laquelle quelques pisse-vinaigre reprochent son remarquable courage contestataire lors de la guerre d’Algérie. Panthéon ou pas, là n’est pas la question, le préfascisme dans lequel nous baignons, voir les déclarations de militaires retraités ou en activité repris par Valeurs actuelles et madame Le Pen, est bien plus préoccupant, assorti aux dérives extrémistes du pouvoir et de ses affidés.

Puis, la pantalonnade des élections départementales et régionales :

- Pas de clercs en régions Sud, Provence, et  dans les Hauts de France. La droite se déchire, mais ne se déchire pas ; le Premier Ministre se prend les pieds dans le tapis tout en revendiquant son bon équilibre. Messieurs Muselier, Bertrand, Dupont-Moretti, héros d’un jour comme naguère les Reines d’un jour de Jean Nohain, animateur sirupeux des débuts de la télé.

- Hoquets maladifs d’une gauche incapable de trouver un terrain d‘entente, toujours apte aux reniements chroniques, dont quelques signes avant-coureurs sont hélas perceptibles à Marseille.

Et, cerise sur le gâteau :

- Incohérences d’un déconfinement brouillon marqué par le désir de s’affirmer en vaillant décideur, pour assoir une campagne présidentielle déjà lancée. L’économie et la politique d’abord, l’intérêt des populations plus tard.

- Loi climat présentée au Parlement totalement émasculée. Occasion de noter cette remarque de Frédérik Jameson, critique littéraire et enseignant US, cité par Bruno Latour, « Il est désormais plus facile d’imaginer la fin du monde, que la fin du capitalisme. »

Enfin,  pour couronner le tout, la reprise des affrontements Gaza/Israël :

- Occasion inespérée pour l’infâme du Ministère de l’Intérieur d’interdire des manifestations de solidarité avec les Gazaouites, au prétexte « qu’aucune manifestation antisémite ne saurait être admise sur le territoire français ». Odieux amalgame selon lequel contester le gouvernement totalitaire d’Israël relèverait de l’antisémitisme. N’est-ce pas le même qui récemment trouvait madame Le Pen « un peu molle » ?

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Echos

6 Mai 2021 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Epistole n°412, Lois contre dis cours de haine

Prenant parfois leur envol hors d’Europe, les Epistoles improbables sont lues aussi bien en Afrique noire, qu’en Amérique du Nord. Un lecteur hexagonien a diffusé en Polynésie la plus récente – Le Président de club, les élus, et le retour du refoulé – ; il m’a transmis la réaction de son interlocuteur. La voici :

« Je connais très bien le secteur …. J’y suis d’ailleurs régulièrement retourné jusqu’en 1971, car les plongées entre Pointe Rouge et Cassis sont superbes, c’est d’ailleurs de là que proviennent certaines de mes amphores. Le parking dont il est question est entre le port de Pointe Rouge et le Cap Croisette et était déjà un lieu où les véhicules étaient régulièrement volés ou pillés.  

Ce qui est instructif dans ce qui lui (le président du Yacht Club de la Pointe Rouge, à Marseille) est reproché (il a eu effectivement tort de donner ainsi des armes  pour se faire battre, mais sur le fond il a évidemment raison) c’est que les grands défenseurs de l’antiracisme refusent de voir les causes du racisme : ce n’est pas la différence, ce sont les méfaits et crimes quotidiennement commis.

98713 PAPEETE, Polynésie française »

Ce texte constitue un remarquable tableau clinique du citoyen le plus banal, pervers auto-satisfait à l’imparable lucidité, se prétendant généralement apolitique, donc vierge de tout parti-pris.

Je connais très bien le secteur …. J’y suis d’ailleurs régulièrement retourné jusqu’en 1971, car les plongées entre Pointe Rouge et Cassis sont superbes

Un souvenir enchanteur du secteur dit combien l’auteur est sensible à la beauté de la nature. Délicat, il ne saurait se montrer gratuitement vindicatif. Nous avons affaire à une personne d’incontestable qualité, écoutons-la attentivement

c’est d’ailleurs de là que proviennent certaines de mes amphores

La pratique d’un sport haut de gamme alliée au  plaisir esthétique procuré par la possession de beaux objets justifie sans aucun état d’âme le pillage archéologique et d’heureux chapardages sous-marins

Le parking dont il est question est entre le port de Pointe Rouge et le Cap Croisette et était déjà un lieu où les véhicules étaient régulièrement volés ou pillés

Alors que nous évoluions avec élégance, des voyous dont l’origine ne souffre aucun doute (inutile de la préciser, chacun la connait - jk) se livraient impunément en surface à de constantes et détestables rapines.

Ce qui est instructif dans ce qui lui (le président du Yacht Club de la Pointe Rouge, à Marseille - jk) est reproché (il a eu effectivement tort de donner ainsi des armes  pour se faire battre, mais sur le fond il a évidemment raison)

Homme de bien tout à fait raisonnable, le président imprécateur du Yacht club n’a tenu que des propos justifiés, sachons-lui gré de l’enseignement tiré et oublions le détail de sa regrettable maladresse orale

c’est que les grands défenseurs de l’antiracisme refusent de voir les causes du racisme : ce n’est pas la différence, ce sont les méfaits et crimes quotidiennement commis

Les antiracistes sont aveuglés par leur mauvaise foi et leur déni de ce qui s’impose à la vue de chacun. Ils entretiennent la situation pathogène que nous connaissons.

Ce sont les délinquants à l’origine connue – il s’agit là d’une évidence fantasmée, assez comparable aux certitudes de la croyance religieuse -- qui sont responsables du racisme (perversité de la pensée : le retournement de la preuve ; mécanisme courant à l’efficacité redoutable). Ceux que l’on traite injustement de racistes ne font qu’enregistrer et réagir. Ils sont en quelque sorte contraints par les horsains, immigrés et descendants d’immigrés de tous poils, d’être les vigilants gardiens du bon droit qu’ils sont.

Très sensible à l’affaire, un autre lecteur m’écrit :

« On est dans un pays où nous ne pouvons plus dire ce que l’on veut, entend-on chez de  bons français apolitiques. (Ceux-ci oublient allégrement qu’il existe des Lois contre les discours de haine et le racisme. Donc, oui, il existe heureusement une limite à ne pas franchir -- jk).

Il poursuit : Comment la peste brune peut revenir par le banal, la discussion de bistrot ?

Il faudrait qu'un jour on comprenne que si tu insultes un maghrébin, tu insultes tous les arabes, tous les noirs, tous les juifs, tous les jaunes.... et tous les blancs. »

1er de cordée – dessin jk, 2021

1er de cordée – dessin jk, 2021

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Le Président de club, les élus, et le retour du refoulé

1 Mai 2021 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Yacht Club de la Pointe Rouge, Métropole Aix-Marseille-Provence, retour du refoulé, Réflexions sur la question juive, racisme

 

Le Yachting club de la Pointe Rouge (YCPR) est réputé bien au-delà de Marseille pour son importance et l’intérêt de ses activités. Son représentant siège de plein droit au Conseil des ports de plaisance mis en place par la Métropole Aix-Marseille-Provence.

Les feux de l’actualité viennent d’illuminer outre mesure ce club nautique, suite à une intervention aussi inconsidérée qu’inadmissible de son Président lors d’une réunion censée examiner des problèmes récurrents sur un des parkings lui appartenant.

Homme a priori suffisamment équilibré, compréhensif et mesuré, tolérant et soucieux de consensus, - chacun sait qu’à Marseille plus qu’ailleurs, on ne saurait occuper pendant vingt-cinq ans un même poste électif sans compétences exceptionnelles - monsieur le Président du club s’est brusquement laissé aller à un délire raciste de première grandeur lors d’une réunion du Conseil des ports.

Un malencontreux hasard a voulu que ses propos fussent enregistrés et transmis à la presse locale, qui n’a pas manqué de souligner le mutisme des élus présents, trop inexpérimentés ou pris au dépourvu pour réagir immédiatement, ainsi qu’ils l’ont suggéré.

L’affaire a provoqué une émotion telle que l’intéressé s’est vu contraint de démissionner dare-dare, peut-être poussé par un entourage pris de panique.

Quelques-unes des déclarations nauséabondes, rapportées dans les mêmes termes par différents supports :

- Alors, je ne suis pas raciste, mais maintenant il y en a marre des Arabes. Tu peux plus rien faire sans qu’un arabe vienne te faire chier … en plus, que des melons, que des Arabes. Pas un blond, un blanc, un qui est bien comme il faut, non, que des Arabes. (Divine supériorité de la « race » blanche !)

- Le port ressemble à Alger bis, et je n’ai eu des problèmes qu’avec eux. Moi, je suis de la Cayolle, j’ai grandi avec des Arabes, mais à un moment il faut dire stop. Je vais pas dire que c’est des blonds aux yeux bleus. 

- Ils sont en dehors de notre façon de vivre. Alors oui, je suis raciste. (Nous y sommes : la différence est intolérable.)

- Le jour où il faudra s’armer, je serai le premier à aller faire de la ratonnade. (Quand peut-on parler d’appel à  la violence ?)

Cet échantillon constitue un exemple parfait de ce que Freud dénomma retour du refoulé. C’est-à-dire l’émergence brutale, non maîtrisée, de sentiments enfouis dans l’inconscient, car difficilement publiables. Rêves, actes manqués, lapsus, les révèlent à l’occasion d’une fêlure émotionnelle. Ici, nous sommes en présence d’un énorme lapsus, d’un ensemble de mots qui échappent, et ce faisant libèrent des pulsions à l’état brut. La bave de la fureur, de la déraison, brûle tout comme la lave du volcan en éruption. L’impensé dévaste l’être tout entier.

Le dangereux imbécile refuse la publication spontanée de son moi profond, il espère à chaque fois se dédouaner en se disant victime d’un flot verbal l’envahissant à son insu. Tout salaud agit ainsi. Par salaud, entendons avec J-P Sartre celui qui se ment à lui-même, qui profère de gros mensonges en se cherchant des excuses pour masquer sa vilenie. Contesté, il ose en appeler à la morale dans les plis de laquelle il se réfugie, et, immonde tour de passe-passe, il peut aller jusqu’à prétendre bafouée la liberté d’expression, refusant d’admettre que racisme et appel au meurtre sont des délits. Il finit donc par se présenter en victime d’autant plus vertueuse que mal comprise.

Ce qu’une cascade de précisions confirme :

- Mes mots ont dépassé ma pensée. Je regrette ce que j’ai dit. Je suis président bénévole, je n’ai rien à gagner avec ce parking, je ne vais pas m’amuser à aller tuer des gens. (Le bénévolat comme gage de probité et de désintéressement.)

- Suite aux propos malencontreux qui ont dépassé ma pensée lors de la réunion du conseil portuaire, et le séisme sur les réseaux sociaux, je me dois de préserver avant tout les intérêts de notre club, écrit-il dans sa lettre de démission.

-  des propos inadmissibles (...) mais je l'ai fait dans un contexte pour attirer l'attention des politiques...  Je ne sais pas pourquoi m'a échappé ce mot de ratonnade, ce n'est pas le mot bien adapté à cette situation (...) je regrette profondément ce que j'ai dit, ce n'était pas une haine raciale sur les Maghrébins (...) c'était un coup de gueule mal positionné

- (parlant de sa démission) … au vu de la tournure qu'ont pris mes propos qui ont dépassé ma pensée. J'ai heurté pas mal de gens, y compris certains de mes amis musulmans et je le regrette. Je fais aussi ça par respect pour l'activité de mon club, dont l'image a beaucoup trop souffert de la polémique. Je ne fuis pas. Simplement, c'est plus loyal de partir, même si j'y tiens beaucoup. (Je me sacrifie pour sauver les miens, vision christique de l’affaire. J’ai des amis musulmans, ceci doit me disculper de toute accusation malveillante)

En parallèle, fusent des interventions on ne peut plus faux-cul d’élus participants à la réunion, un Vice-président de la Métropole et une Adjointe au Maire de Marseille :

- Je le dis et je le redis, il y a un message qui n'est pas acceptable et que nous avons laissé passer. (Simple absence de vigilance, une vétille tout à fait pardonnable.)

- Sur le moment, c’est déjà violent à entendre. J’étais d’abord abasourdie. Je suis restée estomaquée, très choquée par les propos qui étaient tenus, qui sont inacceptables (…) Ensuite, quels moyens, concrètement, pouvais-je avoir ? (A l’évidence, gravement perturbée et démunie, je suis restée sans ressource. S’insurger à l’instant et interpeller tout de go l’assemblée, requiert un long temps de réflexion hors de portée au moment. - Heureusement, sitôt qu’informé par la presse, le Maire de Marseille a réagi avec la vigueur requise -)

La presse locale a fortement dénoncé le scandale avec une unanimité feinte ou réelle, ce  dont la classe politique s’est globalement gardée, frilosité pré-électorale aidant.

Alors qu’une loi existe sanctionnant tout appel à la haine ou à la violence envers des personnes en raison de leur origine, de leur appartenance, ou de leur religion, voici où nous en sommes, pas seulement à Marseille, après tant d’années de cancérisation des esprits : métastases partout, haine bestiale chimiquement pure. Il serait niaiseux de croire qu’une partie du problème est réglée parce qu’en un lieu précis un nuisible est contraint à se démettre. Il est évident qu’un entourage favorable, partageant ses fantasmes, agissant comme un terreau fertile, lui a permis d’exister. Le mal est profond, aussi bien dans la classe politique que dans la société civile ou militaire. La gangrène a gagné jusqu’aux plus hauts niveaux de l’Etat, la création sarkozienne d’un ministère de l’identité nationale est encore dans toutes les mémoires, une récente déclaration d’officiers généraux a opportunément rappelé que les putschistes sont aux aguets.

Comme l’a précisé Sartre dès 1944 avec ses Réflexions sur la question juive, la source du  racisme ne peut être recherchée que dans l’examen des comportements obsessionnels, c’est-à-dire pathologiques, des racistes et non pas dans les faits et gestes de ceux auxquels ils font grief de l’altérité dans laquelle ils sont soigneusement entretenus, afin de mieux les dénoncer.

 

 

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Art contemporain ?

23 Avril 2021 , Rédigé par Blogue-note de Jean Klépal Publié dans #Revue Ligeia, Art contemporain, Impressionnistes,, #Art moderne, Marcel Duchamp, Jack Lang, DRAC, FRAC,, #Château de Versailes

 

Art moderne, art contemporain, art actuel ? A partir de la confusion autour de la notion d’art, de la qualification artistique, et du flou des discours officiels, il est permis de se demander s’il sera jamais possible de retrouver cette jouissance de l’Art tissée de fortes relations sociales, de réelle convivialité, de sensibilités aimablement partagées dont l’Art est le souverain moteur.   

Le n° 185-188 de la revue Ligeia, janvier-juin 2021, se penche sur la question avec un copieux dossier, propre à intéresser amateurs et artistes. L’art abusivement dit contemporain est au centre des contributions. Utiles et très bénéfiques précisions. www.revue-ligeia.com

Alors qu’art moderne réfère à la période allant des Impressionnistes aux années 1930/40, l’émergence du concept d’art contemporain il y a maintenant une soixantaine d’années signe un total bouleversement du monde de l’art. Pour le néolibéralisme, il s’est agi d’élaborer un outil et un produit financier au-delà de l’art lui-même. Ceci dans le cadre de la quête effrénée d’une domination totale du capitalisme dans sa lutte contre les revendications collectives, populaires et démocratiques. A ce titre, un processus de déni idéologique pour neutraliser l’art et même  en nier l’existence en tant que mode d’expression indépendant et contestataire a pris place dans le sillage de ce qui ne fut peut-être qu’un canular duchampien. Facétie trop prise au sérieux par le chef d’un groupe littéraire et artistique dominant la première moitié du 20e siècle ? N’oublions pas que Duchamp n’a jamais cessé de peindre…

On se souvient de l’émergence du Pop’art, culture populaire d’emprunt favorisant une mercantilisation adaptative propice à l’instauration de la primauté du système libéral et du marché. Le succédané remplace l’authentique, l’opportunisme l’emporte et entraîne la démission artistique au profit du n’importe quoi baptisé expression artistique.

Les institutions européennes emboîtèrent le pas. Museler les contenus critiques, organiser la vie artistique selon des critères économiques et idéologiques supra nationaux devint le maître mot. Désormais les artistes devront accepter la tutelle de l’Etat ou bien se préparer à une marginalité permanente. Hors la soumission à la mode officielle, point de salut !

En 1981, Jack Lang contribuera nettement à mettre en conformité les productions artistiques avec les formes de l’idéologie mondialiste. Création des commissariats politico-artistiques que sont les Directions Régionales des Affaires Culturelles (excusez du peu, les affaires sont les affaires), et les Fonds Régionaux d’Art Contemporain – DRAC et FRAC. Le spectaculaire s’impose peu à peu comme finalité artistique incontournable, la volonté affichée d’animer les régions à partir de leurs ressources propres s’étiole bien vite.

L’Art Contemporain (« AC » pour les initiés) devient l’art du simulacre et du faux présentés comme authentiques, avec toute la superficialité et le mépris que cela implique. Il s’agit avant tout de pratiques de faussaires. De manière totalitaire, les slogans publicitaires délogent tout ce qui tente de faire sens. Pour le marché et les inventeurs de l'eau chaude, rien d'important n'a existé avant eux.

Le lecteur trouvera dans la revue de nombreux exemples de dérives de cette nature. Les expositions et les compromissions spectaculaires mettant à profit le cadre du Château de Versailles pour promouvoir la cote de tel ou tel fabricant de bimbeloteries ou de gadgets luxueux, sont présentes dans toutes les mémoires.

Au fil des pages et des articles, nous découvrons à quel point cette notion d’art contemporain défend et illustre  une idéologie de la stabilité et de la continuité d’un ordre social réputé indépassable, tel le capitalisme mondialisé dans sa toute-puissance mortifère. Nous voyons combien cet « art » est fermé sur lui-même, comment il nie le passé, l’histoire de l’art, et l’ouverture à la différence. Comment il se soucie de l’Art comme d’une guigne, et ne considère que la cote du Marché.

Sont désormais réputés œuvre d’art tout objet ou toute action publique pour lesquels l‘onction institutionnelle et le prix exorbitant fondent la qualité artistique.  Il s’agit de faire de l’artiste un artisan producteur d’esthétique marchande sans aucune signification, et du spectateur un consommateur dénué de tout sens critique. Il convient avant tout de produire des leurres spectaculaires, un brin provocateurs, toujours divertissants, afin d’alléger leur vulgarité. Pour assurer une commercialisation satisfaisante, la conformité s’impose, la marque commerciale garantit  la qualité et la valeur du produit,  qu’il s’agisse d’une paire de baskets ou d’une « œuvre ». La logique de l’industrie culturelle néolibérale a pris le pouvoir. L’opportunisme permet d’occuper le terrain, tous les terrains, pour affirmer la supériorité prestigieuse d’une démarche totalitaire hors normes.

Porter intérêt à notre environnement immédiat, celui où se développe patiemment l’art actuel, prêter attention à ces artistes laborieux, niés, occultés, méprisés,  que nous savons à notre porte, ou presque. Opiniâtres, ils continuent d’explorer avec rigueur, sensibilité un sillon millénaire, celui de l’interrogation incessante des questions fondamentales de la destinée humaine confrontée à l’Univers. Ils ne trichent pas. Ils en payent le prix au quotidien.

Voici une manière non négligeable d’entretenir l’intransigeance permanente qu’exigent la pratique et la fréquentation du monde de l’art, comme la réflexion politique, indissolublement liées. 

 

Art contemporain ?
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